Barbara DEMENEIX

Biologiste, Barbara Demeneix, 64 ans, formée au Royaume Uni, au Canada, en Allemagne et en France, a développé des méthodes innovantes pour détecter in vivo la présence de polluants environnementaux. Sa réussite phare ? Des têtards transgéniques qui deviennent fluorescents en présence de polluants perturbateurs endocriniens. « Alors que l’analyse chimique classique ne permet de mesurer que quelques substances prédéfinies, ces biomarqueurs prennent en compte l’effet cocktail de la globalité des polluants présents dans l’eau »,souligne-t-elle. Pour cette recherche elle a été recompensée en 2014 par la médaille de l’innovation du CNRS.
Actuellement directrice du département Régulations, développement et diversité moléculaire1 au MNHN de Paris (Musée National de l’Histoire Naturelle), cette chercheuse a réalisé un parcours très international. Après des études en Grande-Bretagne (où elle est née), au Canada, en Allemagne et en France, elle s’intéresse aux hormones thyroïdiennes qui sont essentielles pour le développement du cerveau des mammifères et la métamorphose des amphibiens. Quelques années plus tard, ses travaux conduisent à la création, en 2006, de la société Watchfrog qui commercialise les fameux têtards fluorescents. Cette biotechnologie très originale va permettre des progrès importants en matière de protection de l’environnement et de santé publique : plus de 50 000 produits chimiques sont actuellement sur le marché sans que leurs effets sur la santé
 ou la biodiversité n’aient jamais été mesurés. Très sensible aux difficultés que peuvent rencontrer les jeunes femmes scientifiques, elle y prête une attention particulière. En 2011, elle a été récompensée par la revue Nature pour son implication auprès de jeunes chercheurs et de jeunes chercheuses.

Elle est auteure de 170 publications scientifiques et deux livres récents grand public : « Cocktail toxique: Comment les perturbateurs endocriniens empoisonnent  notre cerveau » , Odile Jacob, 2017, et « Le cerveau endommagé : Comment la pollution altère notre intelligence »,Odile Jacob,  2016