Effractions, pandémie : un éclairage franco-chinois

Effractions, pandémie : un éclairage franco-chinois

Christine Bergé, Mai 2020

            Avec la pandémie, nous vivons des temps perturbés. Non, renversons la proposition. Avant la pandémie, nous avons perturbé les temps. Le virus dénude la précarité de notre existence collective malgré les gestes de solidarité. On peut l'exécrer : il nous prend nos soignants les plus dévoués. Il frappe les plus pauvres, les plus fragiles. On peut le remercier : il souligne les failles sociales, la mauvaise alimentation, les négligences, les dénis. Le virus a sa vie à lui, qui ressemble tellement à la nôtre ! Il est en croissance, pénètre nos écosystèmes intimes, casse nos défenses, échauffe notre immunité. Il est une métaphore de notre mode d'avancée à travers le vivant. En outre, nous verrons ici combien il s'inscrit dans des histoires troubles de guerres secrètes, sur fond de mésalliances et d'espionnage industriel. Un révélateur d'effractions multiples, passées et à venir.

Effraction

            Si c'est une guerre, nous avons attaqué les premiers. ll y a ceux qui guérissent, ceux qui luttent, ceux qui meurent. On fait le compte chaque soir comme sur un ring géant. Les biologistes interrogent la chaîne (chauve-souris, serpent, pangolin, homme) pour suivre le lien avec cet invisible qui cohabitait en paix avec d'autres vivants, avant que l'homme ait d'abord franchi la frontière. 

            Nous devons recevoir une leçon capitale : la complexité du système génétique, celle de notre appareil immunitaire, une technologie fine, sertie dans un matériel microscopique, bâtie au cours de millions d'années, dépasse l'inventivité des sociétés humaines et celle des technologies les plus sophistiquées. Nos sociétés ne savent pas encore comment les secteurs touchés vont redémarrer après l'épidémie. Mais toutes nos cellules, dans chaque collectivité que représente un corps (et sur chaque continent) poursuivent leur travail sans faillir.

            Le Covid19 interroge notre histoire biologique collective. À l'échelle humaine, aucun avertissement massif, médiatisé, documenté, écouté, n'a été transmis. Dans le magazine F Sciences (6 février 2020) Yohan Blavignat rappelle que l'ophtalmologue chinois Li Wenliang a partagé dès le 30 décembre 2019 les premiers soupçons avec ses collègues. Mais le gouvernement chinois a muselé sa parole, et le lanceur d'alerte est décédé à l'hôpital central de Wuhan des suites du Covid19. Nous sommes demeurés sourds au drame chinois. La notion de "danger" n'a pas été assez précise, active, entérinée, pour qu'une mobilisation commune des Etats ait privilégié le domaine biologique de l'espèce humaine. Le dilemme entre l'économique et le sanitaire a suscité des retards. L'impréparation, même l'imbécilité parfois, ont fait le lit du crime.

Voyages et territoires

            Le Covid-19 qui nous semble inconnu, n'en est pas à son premier voyage. Un vocabulaire particulier est attribué aux êtres unicellulaires qui pénètrent dans les vivants pluricellulaires : ils doivent être "hébergés" par des "hôtes" qui leur servent d'"espèces-réservoirs". Cette vie de voyage s'illustre pour eux comme une aventure de transformation, de diversification. Une pandémie présente l'avantage d'une conquête de territoire, d'un hôte à l'autre : ici, chaque humain devient l'hôte colonisé. 

            Un article de L'internaute du 17 avril 2020 répercute celui de Rachael Bale dans le National geographic, 27 mars 2020 : de récentes recherches révéleraient que les pangolins javanais pourraient être les hôtes de nouveaux coronavirus. Des experts signalent un article du 26 mars publié dans la revue Nature, où il est dit qu'une petite proportion de pangolins sont porteurs de coronavirus liés à la souche responsable de la pandémie de COVID-19. Pangolins et chauves-souris se montrent porteurs de virus similaires au "nouveau" coronavirus : ils "pourraient, lit-on, jouer un rôle dans l'émergence et la propagation de nouveaux coronavirus".

            L'usage du conditionnel indique la fragilité des avancées : cette étude ne permet "ni d'affirmer ni d'infirmer que les pangolins sont liés à la pandémie actuelle". "« S'il y a un message clair dans cette crise mondiale, c'est que la vente et la consommation de pangolins sur les marchés [d'animaux vivants] devraient être strictement interdites pour éviter de futures pandémies », explique Paul Thomson, un biologiste de la conservation, qui a cofondé l'association à but non lucratif Save Pangolins". De son côté, l'OMS et de nombreux experts (favorables à l'idée que les chauves-souris seraient les "réservoirs" probables du nouveau coronavirus) supposent que le virus aurait muté, pour être transmis à une espèce animale (le pangolin ? la civette ? ) présente sur le marché de Wuhan, avant d'être passée à l'homme. Qu'en disent les Chinois ? "Les autorités chinoises évoquent un marché de plein air de Wuhan où sont vendus des animaux vivants. C'est là qu'aurait été infecté le mystérieux "patient zéro" par le Covid-19". Tout de même, "Il manque une pièce du puzzle", constate Meriadeg Le Gouil, virologue l’Université de Caen,  coordonnateur d'un projet de recherche sur les origines de la pandémie (cité dans un article du journal Sud-Ouest, 7 mai 2020).  

            Ce franchissement par le "patient zéro", consommateur de l'animal, responsabilise  l'humain, comme en témoigne Christine Johnson, dans le magazine Proceedings of the Royal Society juste avant l'apparition de l'épidémie actuelle : "Nos données illustrent la manière dont l'exploitation de la faune sauvage et la destruction de l'habitat naturel sous-tendent les transferts de maladies, nous confrontant au risque de maladies infectieuses émergentes". Ainsi le virus fait effraction chez l'homme qui a fait effraction dans le monde sauvage, transformant en "pont" l'espèce qu'il consomme. S'il y a un pont, cela veut dire que les espèces ont un lien, une possibilité de passage ou de traduction entre elles. Le virus ne fait qu'user de ces liens pour accomplir son voyage au long cours.

Négligences collectives, avertissements        

            Une autre piste désigne l'homme comme auteur de la pandémie, non plus en capturant et consommant la bête souillée par le virus, mais à cause d'une négligence (le virus, échappé du laboratoire P4 de Wuhan, mal sécurisé ?) ou par l'invention d'un Frankenstein viral (dans ce même P4). Je m'attacherai à la probable négligence humaine.            En octobre 2019, juste avant le début de la pandémie, un ouvrage du journaliste Antoine Izambard (France-Chine. Les liaisons dangereuses. Espionnage, business, révélations sur une guerre secrète, Stock) reconstitue l'histoire mouvementée du laboratoire de virologie (P4) de Wuhan, laboratoire en partie financé par la France, avec l'aide des Etats-Unis. Pendant le confinement, j'ai acheté l'ouvrage. Dans sa chronique du 17 avril 2020 pour Radio France Info, Philippe Reltien s'appuie sur le témoignage d'Izambard. Il rappelle la façon dont le P4 "a peu à peu échappé au contrôle des scientifiques français". Ce dernier est situé dans une zone industrielle en bordure de Wuhan, où travaillent une centaine d'entreprises françaises, pas loin du marché aux poissons (point de départ supposé de la contamination). Un centre "de très haute sécurité biologique, écrit Izambard, résultat d'une intense et douloureuse coopération entre Paris et Pékin". Wuhan est "la plus française des villes chinoises, depuis le partenariat conclu en 1966 entre le général de Gaulle et Zhu Enlai, premier ministre francophile de Mao Zedong". Elle concentre environ 40% des investissements français en Chine.

            En 2003, la Chine est frappée par le SRAS (syndrome respiratoire aigü sévère), une "nouvelle" maladie infectieuse qui touchera plusieurs pays à travers le monde. Déjà à cette époque, souligne Izambard, "l'OMS reproche à Pékin d'avoir tardé à donner l'alerte et tenté de dissimuler l'ampleur de l'épidémie". Les Chinois, confrontés ensuite à l'épisode de grippe aviaire (H5N1) fin 2003/ début 2004, font savoir aux Français qu'ils souhaitent acquérir un laboratoire de haute sécurité biologique pour travailler sur les virus pathogènes inconnus : la France en 1999 a inauguré en effet à Lyon le laboratoire P4 Jean Mérieux, le plus grand d'Europe. Côté français, rappelle le journaliste, l'envie de coopérer à un tel laboratoire s'accompagne d'une crainte des experts en guerre bactériologique, d'autant plus que les services de renseignements français soupçonnent "l'existence d'un programme biologique offensif chinois". Inquiétant : en Chine, l'Armée populaire de libération contrôle tous les labos P3 destinés à l'étude d'agents pathogènes moins dangereux, dans un manque de transparence total. Pourtant, fin 2003, à la suite de l'enquête conduite par le Secrétariat à la Défense, le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin ouvre tout de même la collaboration franco-chinoise dans le cadre d'une lutte contre les maladies infectieuses émergentes.

            Les services de renseignements français réitèrent leurs avertissements. Sans succès.  "L'alliance est scellée" en octobre 2004 par la visite de Jacques Chirac, alors Président, qui rencontre à Pékin son homologue Hu Jin Tao. Entre temps, quatre laboratoires mobiles P3 ont été livrés à la Chine. En ce qui concerne le projet du P4, Izambard rapporte les propos d'un haut-fonctionnaire français se plaignant de la précipitation avec laquelle agit l'exécutif, malgré des problèmes soulevés par le ministère de la Défense. Dans leur entente, les chefs d'Etat négligent ces réticences ; de même, l'immunologiste Philippe Kourilsky refuse de laisser libre cours à la suspicion, et Maurice Gourdault-Montagne, conseiller diplomatique de Jacques Chirac, pousse à fond vers l'alliance.

            2005 à Pékin : d'énergiques avertissements sont proférés par l'attachée scientifique de l'ambassade des Etats-Unis en Chine, lors d'une réception chez l'ambassadeur américain Clark T. Randt Jr. Malgré l'aide de Washington pour la détection des maladies émergentes, la crainte américaine est celle du "risque de prolifération" et de "détournement" des P3 et P4 à des fins d'armes bactériologiques. La France est mise en garde.

Disparitions, contrariétés

            En 2004, quelques mois après avoir livré à la Chine les quatre laboratoires mobiles P3, la France a rapidement perdu leur trace. Quant aux travaux du P4 de Wuhan, ils ne se poursuivent pas comme prévu. La Chine a évincé le cabinet d'architectes lyonnais qui devait assurer la maîtrise d'ouvrage, au profit d'une société chinoise soumise à la CNEMC (China National Equipment of Machinery Corporation), elle-même contrôlée par l'Armée populaire de libération. C'est contrariant pour les services de renseignements français, qui soupçonnent plusieurs sociétés affiliées à la CNEMC "d'être des faux-nez des services de renseignements chinois", écrit Izambard. Les Américains ont les mêmes doutes.

            Les doutes s'ajoutent à ceux de l'année précédente : certains ont remarqué l'écart entre les standards juridiques et sanitaires qui dessinent la norme française, et ceux des Chinois. Malgré la formation d'un groupe de réflexion franco-chinois sur les maladies émergentes, Pékin a du mal à se conformer aux règles. Izambard cite un fonctionnaire  français qui signale le danger : la Chine tire les prix vers le bas, ce qui met en péril la sécurité, notamment il y a une "difficulté avec le transport des pathogènes" au sein du futur laboratoire. Pressentant des problèmes juridiques, le groupe d'ingénierie Technip qui devait certifier le bâtiment du P4, se retire. Côté chinois, les problèmes sont niés.

            Au sein de ces relations contrariées, en 2008 Nicolas Sarkozy devenu Président jette de l'huile sur le feu : après les violences chinoises survenues au Tibet, il fait la leçon à Hu Jintao et menace de boycotter la cérémonie d'ouverture des jeux Olympiques de Pékin. En réponse, la Chine annule une rencontre prévue avec l'Union Européenne. Nicolas Sarkozy veut néanmoins poursuivre le projet P4. Les Français envoient en Chine un juriste "dans le but d'aider Pékin à améliorer sa réglementation dans le domaine de la sécurité et de la sûreté biologiques", note Izambard.  

            Enfin, le Comité de pilotage se met en place sous l'égide d'Alain Mérieux (proche de Jacques Chirac, fondateur des laboratoires du même nom) et Chen Zhu (médecin, chercheur en biologie moléculaire, formé à l'hôpital Saint-Louis à Paris, ministre de la Santé de la République populaire de Chine de 2007 à 2013). Mais le ministère de la Défense fait part de ses soupçons : Mérieux porterait "plusieurs casquettes". Il sera finalement remercié et remplacé par le polytechnicien Jean-Michel Hubert.

            Rappelons que, dans ces mêmes années, la France essuie des déboires : le Chinois Huawei, grâce à ses intrusions, a mis Alcatel au tapis, selon l'expression d'Izambard. Les peurs françaises ne sont pas de la simple paranoaïa...

Le P4 de Wuhan : dans le flou

         Construit dès 2011 dans la zone industrielle au sud de Wuhan, le P4 est achevé cinq ans plus tard, puis officiellement inauguré en 2017. A son bord, le microbiologiste René Courcol assure la présence française. Nous avons récemment vu à la télévision quelques photos des lieux qu'Izambard décrit dans son ouvrage : l'immense immeuble destiné à accueillir 250 chercheurs en résidence, un autre hautement sécurisé (un bunker de quatre étages avec quatre labos étanches) et un dernier, blanc et rectangulaire, sur lequel est écrit 'Wuhan Institute of  Virology ' .

         2011-2017 : Izambard décrit les problèmes d'espionnage industriel qui, durant ces années, tourmentent le groupe français Safran et certaines entreprises américaines. En août 2017 le hacker chinois Yu Pingan est arrêté à Los Angeles : on découvre l'histoire du logiciel malveillant baptisé Sakula, utilisé par l'espion chinois Xian Ti, (ancien pensionnaire de l'école d'ingénieurs Centrale de Lyon) qui en 2014 a infecté l'ordinateur du cadre de la direction informatique de Safran en déplacement dans sa filiale chinoise à Suzhou. Virus, infections, curieux tandem informatique/biologique... 

            En Janvier 2018, la mise en exploitation du labo est contemporaine de la première visite d'Etat d'Emmanuel Macron à Pékin, nous dit Reltien dans sa chronique du 17 avril 2020. Le même mois, le Whashington Post répercute l'alerte donnée par des ambassa-deurs américains à leur gouvernement après avoir visité le P4 : "insuffisance des mesures de sécurité prises dans un lieu où on étudie les coronavirus issus de chauves-souris". Alain Mérieux avait déjà déploré l'absence de réunions du Comité franco-chinois depuis 2016. D'après Izambard, le premier attaché de défense en Chine, Daniel Schaffer, s'inquiète du détournement possible de cet outil de "technologie sensible". Le travail des Chinois n'est pas "encadré par un vrai volet de formation et recherche". Reltien résume : "Les Chinois travaillent sans regard extérieur de chercheurs français"...

            D'après Reltien, en 2019 "le Président chinois Xi Jinping demande à l'un des vice-présidents du comité permanent de l'Assemblée populaire d'imaginer ce que pourrait être un bouclier sanitaire pour la province du Yunnan". Cette requête surprenante souligne au mieux la crainte envers cette région où l'humain bouleverse les écosystèmes, étendant ses pratiques d'élevages gigantesques, occasionnant le côtoiement dangereux entre espèces sauvages et domestiques. Le projet devrait être confié au docteur Chen Zu (lequel en parle à son ami Mérieux) et se réaliser sous forme d'un réseau sentinelle reliant plusieurs instituts français au Laos, Cambodge et Bangladesh. Mais aucune suite. A cette époque, la peste porcine, parvenue en France, occupe les esprits.

            Izambard termine ainsi son chapitre : "Le premier P4 d'envergure internationale dont va disposer la Chine n'a pas fini de faire polémique". Il ne croit pas si bien dire. Les Français sont encore dans le flou lorsqu'émerge la pandémie actuelle. C'est dans le P4 de Wuhan que le professeur Shi Zhengli aurait fin décembre 2019 identifié le nouveau coronavirus, "à partir d'échantillons prélevés sur cinq malades des hôpitaux municipaux de Wuhan", écrit Reltien. Une fois le séquençage complet du génome du Covid19 achevé, les Chinois se lancent dans la quête d'un vaccin... L'aventure, commencée malgré la fermeture officielle du laboratoire au moment du confinement de la ville, impliquerait tout d'abord des primates, puis des humains volontaires. Reltien cite les propos du docteur Zhao Yan, qui co-dirige l'hôpital Zhongnan de Wuhan : selon ce dernier, "une petite série d'essais a été suivie d'une deuxième en cours, sur un nombre relativement important de volontaires". Le journaliste rapporte alors les propos de Frédéric Tangy, chercheur à l'Institut Pasteur : pour ce type de vaccin à virus inactivé "il y a un risque d'exacerbation de la maladie. C'est une catastrophe. C'est la pire des choses à faire". Tangy dirige lui-même une équipe lancée dans le recherche d'un vaccin contre le Covid19.

Epilogue

         On comprend que le laboratoire incriminé s'inscrit dans la course mondiale au vaccin. Le laboratoire français Sanofi, la société américaine Moderna, l'institut Pasteur sont sur la liste. Pendant que l'on cherche un vaccin, la grande question du contact et de l'effraction demeure ouverte comme une blessure. Effraction des milieux, gestes "barrière" à respecter, confinements, mutations possibles, franchissement de frontières, boîte de Pandore sous forme d'un laboratoire chinois, sur fond d'effractions en matière d'espionnage industriel : tout confirme qu'une dimension nouvelle a été franchie. Izambard nous rappelle en effet que durant les années de montage du P4, des lieux de pointe français sont la cible de cyber-attaques chinoises : le LETI (Laboratoire d'électroni-que et de technologie de l'information) de Grenoble, le CEA (Commissariat à l'énergie atomique) ainsi qu'Airbus et AREVA. Cyber-attaques, cyber-enquêteurs : plusieurs guerres sont en cours. En 1996 le stratège chinois Wei Jincheng définit la nouvelle doctrine de la guerre populaire technologique. En 1999, est publiée la traduction française du livre de Qiao Liang et Wang Xiangsui, deux colonels de l'armée de l'air chinoise, La guerre hors limites, Payot & Rivages : voici donc la ligne des conquêtes chinoises.

            L'année 2004, celle des premiers accords franco-chinois pour le P4 de Wuhan, s'inscrit dans le contexte de la montée en puissance du cyber-espionnage chinois. Qiao Liang et Wang Xiangsui publient en 2017 (en anglais) l'étonnant Unrestricted Warfare: China's Master Plan to Destroy America. Il nous faut imaginer que ce parcours prend la forme d'une répétition, d'un test à échelle mondiale, avant la prochaine pandémie. 

 

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