L'eau: bien commun ou marchandise ?

CINÉ-Débat Jeudi 12 MAI 2011 à 19H15:
Centre d’Animation Place des Fêtes,
THÈME: L'EAU - BIEN COMMUN OU MARCHANDISE ?

PROJECTION: WATER MAKES MONEY de Leslie Franke et Herdolor Lorenz (82 mn)

INVITÉ du DÉBAT: JEAN LUC TOULY, lanceur d’alerte, responsable eau à la Fondation France Libertés Danielle Mitterrand et élu Europe Ecologie en Ile de France, ex-cadre licencié de la multinationale VEOLIA. Auteur de plusieurs ouvrages 

JEAN LUC TOULY en quelques dates :
Février 1976 : Embauche à la Générale des Eaux.
2003 il publie : l’Eau de Vivendi, les vérités inavouables (Alias). 2006 : - L'eau des multinationales - Les vérités inavouables, Que cache notre facture d'eau ?
R. Lenglet , J.L. Touly, Fayard
Février 2006 : Licencié par Veolia.
Septembre 2010 : réintégré chez Veolia.
23 septembre 2010 : Première du film Water Makes Money.
Mars 2011 : Grand succès d’audience lors de la diffusion du film par ARTE

Jean-Luc Touly est devenu salarié de la Générale des eaux (rebaptisée Vivendi, puis Veolia) en 1976. Syndicaliste, congédié puis réintégré par son entreprise, il est l'auteur de livres brûlants, qui lui ont valu une flopée de procès. Le film étaye ses affirmations : les pratiques de pots-de-vin pour obtenir les marchés, puis la hausse des prix et la diminution de l'entretien des réseaux pour accroître les profits".

En 2003 il publie son premier pamphlet contre son employeur « l’Eau de Vivendi, les vérités inavouables (Alias). En 2006, il est licencié pour diffamation. Et en 2010 il gagne son procès au Prud’hommes et est réintégré chez VEOLIA qui fourbit les armes pour renvoi en cassation. En attendant Veolia a confié à Jean Luc Touly un poste important. Il gère les 166 fontaines publiques de la rive droite de Paris, l’un des derniers marchés conservés par Veolia dans la capitale, car à Paris on est en pleine phase de retour en régie municipale grâce aux aimables conseils de Jean-Luc Touly…

Entre-temps Jean-Luc Touly a fondé L’ACME, l'Association pour un contrat mondial de l'eau, et s’est engagé auprès de la Fondation France Liberté de Danielle Mitterrand, par ailleurs il est devenu élu d’Europe Ecologie au Conseil régional en Ile de France..
En janvier 2011 Veolia monte à nouveau aux créneax et dépose une plainte pour diffamation contre le documentaire qu’on doit aux documentaristes allemands Herdolor Lorenz et Leslie Franke, le duo allemand qui a déjà fait un autre film sur le sujet - Eau : service public à vendre . En France. Au moins cinq télés ont commencé des enquêtes sur ce sujet et ont renoncé à la diffusion sous la pression de la direction des chaînes.
Les puissants groupes Veolia et Suez se sont vus déléguer, à 80 %, la gestion de l'approvisionnement en eau en France. Résultat : le consommateur se retrouve soumis à des intérêts privés, qui ne concernent ni sa santé ni l'avenir de la planète.
Le film démontre comment les grandes compagnies ont impunément haussé le tarif de l'eau potable. Il a fallu l'acharnement d'un expert-comptable – Jean-Luc Touly - pour mettre au jour les combines qui ont amené les habitants de certaines communes, notamment Bordeaux, à payer leur eau de 30 % à 40 % plus cher qu'ailleurs. Des bénéfices qui ne sont que rarement réinvestis dans l'entretien ou l'assainissement.

DES CHIFFRES QUI PARLENT :
VEOLIA est présent dans 69 pays dans le monde
En Allemagne le groupe a des participations dans 450 communes.
En France VEOLIA et SUEZ fournissent 80% de l’au potable.
Mais où va l’argent public ? Les milliards déboursés pour la réparation des tuyaux sont-ils bien utilisés à cet effet ou à l’expansion de ces groupes dans le monde ?
L’enjeu est la rareté de l’eau et l’épuisement des nappes phréatique.
Water makes money est un documentaire sur la privatisation croissante de l'eau, mais aussi sur les résistances qui œuvrent pour se réapproprier ce bien commun

QUESTIONS
Qu’est-ce qui a fait que les municipalités reviennent à la reprise en main de la gestion de l’eau ?
Expliquez-nous pourquoi vous avez été réintégré par VEOLIA
Où en est le projet éducatif dans les écoles, comment sensibiliser les jeunes aux problèmes de l’EAU ?

Water makes money est un documentaire sur la privatisation croissante de l'eau, mais aussi sur les collectivités résistantes qui œuvrent pour se réapproprier ce bien commun.
La plupart des humains ne se rendent compte de la valeur d´une chose que lorsqu´elle leur manque : l´eau fait partie de ces choses.
Un être humain est constitué à 70% d´eau. Il lui faut refaire le plein sans cesse sinon c´est la mort au bout de 3 jours. C´est pourquoi l´eau, nourriture de base indispensable, a toujours été un bien public, géré publiquement. Jusqu´à aujourd´hui l´approvisionnement en eau dans le monde entier, est à 80% encore public. L´eau potable et l´assainissement sont toujours un monopole local. Nulle part au monde ne circulent dans les mêmes tuyaux, des eaux distinctes, de fournisseurs concurrents. Qui privatise malgré tout ce service vital, remplace un monopole public par un monopole privé.
Pourtant c´est exactement ce qui se passe actuellement, partout dans le monde, au nom de la concurrence et du marché, lorsque des multinationales de l´eau comme Veolia et Suez, frappent à la porte de communes à court d´argent. Veolia, multinationale née en 2003, à la suite du plus important crash financier de l´histoire en France, celui de Vivendi Universal, - Veolia donc est présente dans au moins 69 pays sur les cinq continents et en cela le Nr.1 incontesté de la gestion privée de l´eau. En Allemagne, la multinationale française a réussi, par des participations dans les services des eaux de plus de 450 communes, à prendre la première place dans l´approvisionnement en eau potable et le traitement des eaux usées. Les multinationales françaises annoncent tous les jours de nouvelles conquêtes. Ils promettent l´efficacité, des financements avantageux et le développement durable. Cependant, chez eux, en France, on leur fait de moins en moins confiance....

Le « modèle français »
C´est précisément là où Veolia et Suez fournissent l´eau de 8 citoyens sur 10, que de nombreuses communes veulent se débarrasser des deux entreprises, l´opacité, la mauvaise qualité de l´eau, une augmentation continue des prix et l´abus de leur situation de monopole, voilà les reproches qu´on leur fait. Les communes ont du mal à contrôler si les prix facturés correspondent bien au travail effectué. Est-ce que les milliards de redevances payés pour la réparation des tuyaux ont bien été utilisés à cet effet ? L´argent de l´eau des communes françaises n´a-t-il pas financé l´expansion mondiale de Suez et de Veolia ?
À Paris, au cœur de leur pouvoir, les géants de l´eau ont déjà une plaie dangereuse. La capitale et plus de cent communes françaises ont décidé de reprendre le contrôle de ce service vital. À la fin de cette année Veolia et Suez devront faire leurs valises à Paris. La gestion de l´eau redeviendra communale.
« Water Makes Money » est un film « citoyen ». Il informe sur cette évolution actuelle. Il veut montrer les leçons que Paris et d´autres communes françaises ont tiré de la domination de Veolia & Co et comment elles réussissent à reprendre l´eau en régie publique. Des exemples européens et américains complètent le film qui deviendra ainsi un cas d´école pour le monde entier.