Maurizio LAZZARATO

 

Sociologue, philosophe

·  Les Révolutions du capitalisme, Les Empêcheurs de penser en rond, 2004

·  Le Gouvernement des inégalités. Critique de l'insécurité néolibérale, Éditions Amsterdam, 2008.

·  Expérimentations politiques, Éditions Amsterdam, 2009 (reprend Le Gouvernement des inégalités).

.Avec Antonella Corsani, Intermittents et précaires, Éditions Amsterdam, 2008

·  La Fabrique de l’homme endetté. Essai sur la condition néolibérale, Éditions Amsterdam, 2011 :

Une de ses thèses les plus audacieuses est que le passage d'une dette finie à une dette "infinie" est caractéristique de la modernité. L'homme endetté serait le Sisyphe des temps modernes..

Extraits d’interview de M. Lazzarato à propos de « la fabrique de l’homme endette » :

« c'est une autre bulle qui est en train d'émerger au États-Unis, et c'est très significatif de la dette, c'est la bulle des bourses d'étude et des crédits pour les étudiants. Elle vaut au moins la moitié de la crise des subprimes. Donc c'est un truc énorme qui est en train d'exploser. Parce qu’effectivement aux États-Unis vous n'avez pas le droit à la formation gratuite, donc pour arriver au master et plus, il faut payer. La moyenne est à environ 80 000 euros. Donc avant d'arriver sur le marché du travail vous avez déjà une dette sur les épaules, donc vous avez déjà une forme qui vous oblige à vous auto discipliner. C'est une relation de pouvoir très spécifique que celle de la dette puisque qu'elle ne vous met pas en prison, vous êtes libre, mais vous devez conformer votre style de vie au fait que vous devez rembourser la dette. Aux Etats-Unis on en est arrivé à un tel point que ce cumul des dettes des étudiants commence à poser un véritable problème. «   (Marianne)

A propos de la dette de l’UNEDIC :

« C'est une stratégie qui a été mise en place depuis les années 1980, et elle est poursuivie aujourd'hui en tant que telle. On peut prendre un exemple très simple : l'Unedic. C'est une institution qui récolte les cotisations, et qui les redistribue aux chômeurs. Donc l'Unedic pour emprunter sur les marchés elle a demandé d'être évaluée par les agences de notation. Donc Moody's, Standards&Poor etc. ne notent pas seulement les états et les grandes entreprises, mais également les institutions qui distribuent de l'argent aux chômeurs. Donc vous voyez, la seule évaluation qui est retenue quand vous appelez ces agences, c'est la rentabilité. Et donc tout le système va être réorganisé en fonction de cette rentabilité. Parce que maintenant les agences de notation ont un droit de regard sur les politiques sociales, dans ce cas le chômage. Donc ça va avoir des répercussions sur la façon dont on gère le rapport entre l'institution et le chômeur en tant qu'individu. On va le culpabiliser. On est en train de vivre, depuis des années mais avec une accélération très forte ces derniers temps, la transformation des droits sociaux en dette, et des usagers en débiteurs. C'est une façon de contrôler l'individu. L'usager est transformé en débiteur et doit rembourser. »