L'autisme

Vendredi 6 décembre 2013 à 20H
Café Société
, médiathèque Anne Fontaine, 92160 Antony, 20 rue Maurice Labrousse

ET SI L’AUTISME ÉTAIT JUSTE UNE AUTRE MANIÈRE D’ÊTRE ?
INVITÉ :
Josef SCHOVANEC, savant et autiste

Très heureuse de recevoir l’auteur de »JE SUIS À L’EST , le témoignage unique d’un savant et autiste (éditions PLON, 2013)
Josef Schovanec est né en1981 en région parisienne. Ses parents d’origine tchèque ont émigré dans les années 70, avant le Printemps de Prague. Jusqu'à l'âge de 6 ans, il n'a pas prononcé un seul mot. Il a su lire et écrire  bien avant de parler et marcher. Aujourd’hui on sait qu’il est atteint d’une forme assez rare de l’autisme, à savoir le syndrôme d’Asperger. Mais avant d’arriver à ce constat il a subi toutes sortes de faux diagnostic, ainsi on l’a traité de schizophrène et mis sous "camisole chimique ». Ces médicaments l’ont davantage handicapé que guéri. Il est aussi passé par le cabinet d’un psychanalyste qui d’emblée lui a annoncé qu’il aura besoin de ses soins pour le reste de sa vie.
Après une scolarité chaotique – entre autres dans des écoles suisses - il obtient un bac C à 17 ans avec la mention très bien. Diplômé de Sciences-Po Paris, il continue son parcours étudiant  à l'INALCO où il apprend plusieurs langues orientales,  du sanscrit au vieux éthiopien. Mais il parle également l’allemand, le tchèque ou l’anglais. On peut d’ailleurs se demander comment un handicap affectant la communication avec les autres peut conduire à développer un don particulier pour l’apprentissage des langues étrangères.
Aujourd’hui, il poursuit ses études de langues qui le passionnent et donne des conférences sur l’autisme. Il se décrit comme « saltimbanque de l’autisme ». Il a aussi réussi à obtenir un poste à mi-temps à la mairie de Paris comme assistant de l’adjoint au maire, Hamou Bouakkaz, lui-même aveugle de naissance, chargé de la vie associative, mais qui vient de terminer son mandat.
« Quand une personne ne rentre pas dans le moule , la société l'exclut immédiatement », écrit-il. C’est sa propre expérience qu’il décrit dans son livre.  Il en a fait les frais comme la majorité des enfants autistes se faisant régulièrement tabasser dans la cour de récréation. Impossible pour lui d’aller à la cantine où il ne supportait pas le bruit et le comportement des autres enfants.
Plus tard il a systématiquement échoué dans les entretiens d’embauche, car il ne savait pas se vendre. Il l’explique par la médiocre image de soi qu’ont les autistes d’eux-mêmes.
Aujourd’hui Josef Schovanec a développé des « stratégies » pour décrypter nos rapports aux autres afin de mieux se fondre dans notre société. Cette fine observation explique son regard plutôt amusé sur ce qu’il appelle « la COMÉDIE SOCIALE ». Il a aussi su forger cette arme imparable qui est l’humour qu’il applique particulièrement en parlant des «neurotypiques», à savoir de nous autres qui sommes dans la norme. « ETRE NORMAL EST BIEN TRISTE », écrit-il, « je préfère la compagnie des fous » (p.204). Il suggère qu’il a raté sa vocation d’être auteur de sketches, car il adore raconter des histoires drôles.
J. Schovanec est aussi un grand voyageur en acceptant les invitations dans le monde entier : la Chine, l’Inde, l’Iran, le Japon, etc. Il a écrit son livre à Samarcande en Ouzbékistan au cours d’une session universitaire.
Il aimerait bien passer 2 ans en Inde pour se perfectionner en sanscrit et devenir chercheur-enseignant en histoire de religions p.ex. Mais en même temps il a toujours une peur panique du changement et hésite d’abandonner ses activités engagées dans la lutte pour améliorer le sort des autistes.
Josef Schovanec a également participé au documentaire-fiction Le Cerveau d'Hugo de Sophie Révil

QUESTIONS : Vous écrivez que dans certains pays on récite des POÈMES  à la télé au lieu des slogans publicitaires ?  Ca se passe dans quel pays ?

Adolescent, vous aviez bcp apprécié le neuroscientifique Jean Pierre CHANGEUX et son livre « L’HOMME NEURONAL ». Qu’est-ce qui vous a fait changer d’avis ?

Vos auteurs préférés ont été Jules VERNE  et KAFKA, pourquoi ?

Pourquoi avez-vous tant aimé « LA NEF DES FOUS » de Sebastian BRANT ?

Vous critiquez qu’on ne s’intéresse qu’aux JEUNES AUTISTES, jamais aux autistes adultes ou d’âge avancé. Ni aux femmes autistes. Comment l’expliquer?