La crise vue des deux côtés de l'atlantique

Lundi 15 Juin 2009 à 19H15

UN DOUBLE REGARD
LA CRISE VUE DES DEUX CÔTÉS DE L’ATLANTIQUE

Notre invitée: CLAUDIA MOATTI, historienne, enseignante à l’université de PARIS et LOS ANGELES, auteure, co-dirige «La République dans tous ses états », Payot, à paraître, octobre 2009.

Claudia Moatti, est spécialiste de l’histoire romaine à l’Université Paris 8 et à l’University of Southern California (Los Angeles). Elle a étudié la société romaine dans de nombreux ouvrages dont l’un s’appelle : « La raison de Rome. Naissance de l’esprit critique à la fin de la république», Seuil, 1997, Et de quoi avons nous le plus besoin aujourd’hui, si ce n’est de l’esprit critique. « A la recherche de la Rome antique », Gallimard ,1988 , et « Roma », Actes Sud, 1997  et « Rome métisse », Ed.Adam Biro, Paris, 2000). Actuellement elle co-dirige«La République dans tous ses états », à paraître aux éditions PAYOT en octobre 2009. Elle est également auteure de plusieurs textes littéraires « Soliloques» Autrement, 1998 ou « Miliana, Algérie», La pensée de Midi 2000.

Vous pouvez-vous demander pourquoi nous invitons une spécialiste de l’histoire romaine pour venir débattre de la CRISE actuelle. D’une part ce cycle « D’AUTRES REGARDS SUR LA CRISE » se propose de cultiver justement des approches plus globales que purement économiques de cette crise systémique. D’autre part dans la Rome antique la notion de la FIDES, la confiance, avait beaucoup d’importance. FIDES a à voir avec le CREDIT, le crédit qu’on apporte aux personnes comme à d’autres valeurs tel le crédit monétaire qui est aussi fondé sur la confiance. Avec la crise des subprimes qui vient des Etats-Unis nous vivons une crise du crédit dans tous les sens du terme. A qui se fier si ni les politiques ni les chefs d’entreprises tiennent leurs promesses ? Il suffit de rappeler l’exemple de CONTINENTAL où on avait promis le maintien des postes de travail en échange des heures supplémentaires non payés. Les salariés ont fait les heures supplémentaires, ce qui n’a pas empêché la délocalisation de l’entreprise, malgré l’engagement de M. Sarkozy. Autre exemple :on promet aux petits épargnants une retraite garantie s’ils investissent dans les FONDS DE PENSION. Aujourd’hui beaucoup de retraités, surtout aux Etats-Unis mais aussi en Europe, voient leur retraite fondre comme neige au soleil.
Claudia MOATTI qui navigue entre Paris et Los Angeles depuis quatre ans nous en parlera plus longuement.
Elle parlera aussi des milieux universitaires qu’elle connaît bien des deux côtés de l’Atlantique, de la signification de cette « RONDE DES OBSTINÉS » dont beaucoup ne comprennent pas vraiment le sens. Puis de la réception outre-atlantique de certains philosophes français comme ALAIN BADIOU ou du dernier livre de NAOMI KLEIN « la Stratégie du Choc » ou encore du phénomène OBAMA.
Je vous invite à aller sur le site de FRANCE CULTURE, celui d’ANTOINE MERCIER qui s’appelle précisément « D’AUTRES REGARDS SUR LA CRISE » où vous trouvez des contributions passionnantes sur la crise.
Malgré les annonces de licenciements quotidiens, pour certains intellectuels « la crise n’existe pas ! » comme le dit le sociologue Michel MAFFESOLI dans son dernier livre « Apocalypse ». Les cercles initiés de la politique et de l’économie prévoient pourtant un taux de chômage de 14 à 16% en France avant la fin de l’année. En Espagne il est déjà à 14%. D’une manière et d’une autre nous sommes donc tous concernés.
Le seul remède que proposent les politiques c’est la relance par la croissance, comme si les ressources de la terre étaient infinies et comme si l’effet de serre n’existait pas.

QUESTIONS :
Ce qui serait intéressant c’est de savoir comment réagit la classe moyenne américaine à cette crise, puisqu’elle est encore plus affectée que les classes moyennes en Europe qui bénéficient d’un système de protection sociale.
Est-ce que la foi en la libre entreprise liée à l’esprit pionnier des pères fondateurs de l’Amérique, est un tant soit peu ébranlé ? Et quelle est la réaction des milieux intellectuels (on parle d’une gauche radicale aux Etats-Unis) ? Existe-t-il des propositions constructives/alternatives ?