Le livre numérique

Samedi 24 mars 2012

Café de société

Médiathèque Arthur Rimbaud d’Antony 

Philosophie du livre numérique - la culture pour tous ?
Notre Invité Christian FAURE est philosophe et ingénieur, ce qui n’est pas commun. Il enseigne à l’Université Technologique de Compiègne et est co-auteur avec le philosophe Bernard STIEGLER de 2 livres : « Pour en finir avec la mécroissance. Quelques réflexions d’Ars Industrialis » et «Réseaux sociaux » (2012).
Il est membre de l’association Ars Industrialis et de l’IRI, l'Institut de Recherche et d'Innovation (centre Pompidou). Sa position sur le livre numérique renvoie dos-à-dos les technophiles et les technophobes en prônant une approche "pharmacologique" du livre numérique comme d’ailleurs des réseaux sociaux, capables d’être à la fois remède et poison, toxiques et thérapeutiques.

 
En France le livre numérique a du mal à décoller et représente à peine 1% du marché du livre par rapport à 15% aux Etats-Unis et de 10% en Grande Bretagne. Aux Etats-Unis le livre numérique est introduit dans le système scolaire - avec succès. Les natifs de l’internet sont beaucoup intéressés par une approche active et numérique de leurs études.
Les éditeurs français proposent en même temps le livre numérique et le livre papier. Il est certain que la dématérialisation du livre offre des possibilités de diffusion extraordinaires, un livre peut être téléchargé par un simple clic. Il permet une lecture personnalisée par des annotations critiques et des commentaires qui peuvent être sauvegardées et servir d’instrument de travail ou être mis en réseau.
Le facteur écologique n’est pas négligeable non plus, car le livre papier implique de sacrifier des arbres pour la lecture.
Si certains éditeurs misent sur le livre numérique c’est pour mettre fin à la baisse constante des lecteurs - les jeunes ne lisent pratiquement plus. Le livre numérique sera-t-il capable de relever ce défi ? Le livre numérique, surtout quand il est « enrichi » avec son, image et vidéo, correspond certainement plus aux habitudes des « natifs d’internet » que le livre papier. Mais chaque innovation comporte aussi des dangers et des dérives (commerciales p.ex.) qui restent à surveiller. D’où l’approche pharmacologique de Christian Fauré, une approche imprégnée par la philosophie de Bernard Stiegler et des membres d’Ars Industrialis. Après une mise en perspective historique de l’écriture en tant que support de mémoire et du savoir, il parlera de l’impact des nouvelles technologies – comme de toute autre technique - sur nos comportements. En quoi le livre numérique influencera-t-il nos habitudes individuelles et collectives au quotidien ?
Sa contribution s’appuie également sur les thèses de Nicholas CARR déployées dans son livre « Internet rend-il bête ? » paru chez R.Laffont en 2011 (traduit de l’américain).
http://www.christian-faure.net/
 
un message-témoignage envoyé par Thibault à propos du livre numérique :
« Figure-toi que je redécouvre le plaisir de lire sur un écran (impossible pour moi de lire un livre ou un pdf confortablement sur un pc classique même portable). L’appareil est vraiment fait pour la lecture. Il est totalement silencieux, c'est hallucinant, et il ne chauffe pas. Je lis beaucoup de livres et pdf sur l ipad dans le canapé ou au lit. C'est très surprenant et addictif de lire, et de pouvoir être sur internet facilement. Ca permet des recherches immediates croisées, des vérifs. il suffit de tourner les pages avec le doigt, comme un vrai livre.
Au niveau contenu, Il existe plusieurs fonds d’oeuvres tombées dans le droit public. Je trouve beaucoup de pepites .....et je lis enormement. J’ai plus de mal a trouver des oeuvres du 20eme siecle par contre, gratuites je veux dire.
Pour l'instant ce qui pourait me manquer, c'est que, sur ipad, je peux souligner et surligner du texte dans plusieurs couleurs (=tags), mais je ne sais pas encore comment envoyer mon livre numérique avec mes notes ou sans... Enfin voila, je trouve que le livre numerique c'est un outil à mettre le plus tard possible entre les mains des enfants, pour qu’ils utilisent les techniques dans le bon ordre historique... »