Le monde selon Monsanto

Lundi 27 Octobre 2008 à 19H00

Cinéma Images d'ailleurs, 21 rue de la Clef, Paris 5è

avec Marie-Monique ROBIN
Journaliste et réalisatrice, lauréate du prix Albert-Londres, couronnées par une vingtaine de prix internationaux, elle  est l'auteure de plusieurs ouvrages dont le dernier : LE MONDE SELON MONSANTO, La Découverte, Arte éditions, 2008.  NOTRE POISON QUOTIDIEN, 2011
Le film LE MONDE SELON MONSANTO , a été suivi d'un débat avec Marie-Monique ROBIN.

MARIE MONIQUE ROBIN est fille de paysans, journaliste d’investigation depuis vingt-cinq ans. Elle est lauréate du Prix ALBERT LONDRES qui est son grand modèle. Elle a fait sienne la devise de ce journaliste du siècle dernier, célèbre pour son engagement humaniste, qui a dit : Il ne s’agit pas d’être pour ou contre. Il faut porter a plume là où ça fait mal. Avant de s’attaquer au problème des OGM elle a réalisé en 1995 déjà un documentaire sur le trafic d’organes en Colombie qui fournit les pays riches en organes prélevés aux pauvres: Voleurs d’yeux, récompensé par le prix Albert Londres.
Après avoir travaillé pour la prestigieuse agence CAPA elle redevient journaliste indépendante réalisant plusieurs reportages sur Cuba pour l’émission THALASSA. En 2004 elle réalise un film sur la torture et les tortionnaires argentins et chiliens qui ont copié les méthodes françaises appliquées pendant la guerre d’Algérie : Escadrons de la mort, l'école française, film primé meilleur documentaire politique par le Sénat français. Le livre du même nom a paru à La Découverte en 2004.
Ce documentaire a largement contribué à l'arrestation d'anciens tortionnaires de la dictature argentine, car Marie-Monique Robin, caméra cachée à l'appui, parvient à rencontrer certains d'entre eux et à obtenir d'importants aveux. Ces vidéos constituent des preuves lors des jugements des tortionnaires qui sont actuellement en cours en Argentine.
En 2005 elle enquête sur les fausses accusations de pédophilie concernant des enseignants pour réaliser un documentaire sur les dérives de la lutte contre la PÉDOPHILIE : L’ECOLE DU SOUPçON (La Découverte, 2005).
En 2005 également elle fait 3 enquêtes sur la BIODIVERSITÉ :
- Argentine, le soja de la faim, 2005, Galaxie presse, sur la destruction de l'Argentine par les OGM.
- Les Pirates du Vivant, 2005, Galaxie presse, sur le brevetage du vivant.
- Le Blé, chronique d'une mort annoncée, 2005, Galaxie presse, sur la perte inquiétante de la biodiversité.
Dans les trois enquêtes elle trouve toujours le même nom impliqué : la multinationale MONSANTO, et malgré la menace que cette puissante firme fait peser sur les journalistes et scientifiques qui osent remettre en doute les études falsifiées, elle va jusqu’au bout de l’enquête révélant entre autres l’extraordinaire entrisme de la multinationale dans les instances de tous les états qu’elle veut approcher et amadouer.
L’économiste Jérémy RIFKIN a dit à propos de MONSANTO : "Je n’ai jamais vu une société qui ait une influence aussi déterminante et à un niveau aussi élevé sur les autorités gouvernementales en charge de la réglementation que Monsanto avec ses OGM."
Depuis que son film est passé sur ARTE (Coproduction : ARTE France, Image et Compagnie, Productions Thalie, Office National du film du Canada, WDR) et depuis la parution du livre du même nom
LE MONDE SELON MONSANTO, préfacé par NICOLAS HULOT, (EDITIONS ARTE FRANCE /LA DÉCOUVERTE, mars 2008), elle est sollicitée dans le monde entier. Le livre est traduit en 12 langues et le film projeté dans 20 pays. Un succès phénoménal qui fait parcourir MM ROBIN la planète entière.
Elle parle d’ailleurs le français, l’anglais, l’espagnol, l’allemand, et elle apprend le hindi, parce qu’elle est convaincue qu’on ne peut pas enquêter si on ne parle pas la langue ou même le dialecte du terrain.
Dans le film il est question d’un certain ARPAD PUSZTAI qui depuis de longues années fut chercheur au ROWETT RESEARCH INSTITUTE à Aberdeen en Ecosse. En 1998 il a eu la mauvaise idée d’entreprendre des expériences sur les OGM. Il a nourri des rats avec des pommes de terre transgéniques et constaté que cette alimentation leur causait des lésions à l’estomac. Suite à la publication des résultats de sa recherche il fut limogé et son équipe dissout.
Nous avons aujourd’hui un autre chercheur avec nous qui s’est inspiré de cette affaire pour écrire un roman noir passionnant sur les risques encourus par des chercheurs en menant des recherches non politiquement correctes, c’est Jacques BULOT qui a écrit LE GÈNE DU PERCE-NEIGE (éditions du bout de la rue).
Monsanto, multinationale américaine née en 1901 à Saint-Louis, dans le Missouri, et d’abord spécialisée dans l’industrie chimique, est devenue en un peu plus d’un siècle le leader mondial des biotechnologies, en particulier sur le marché des organismes génétiquement modifiés (OGM). Elle détient les brevets de 90 % du maïs, du soja, du colza, ou du coton transgéniques cultivés dans le monde. Par le biais de rachats successifs, elle est en train de devenir le premier semencier de la planète et à terme, c’est la chaîne alimentaire toute entière qu’elle pourrait contrôler. Mais c’est d’abord avec le Round Up, son herbicide "total" (longtemps estampillé "biodégradable") qu’elle a commencé, à partir de 1974, à conquérir le monde. On lui doit aussi des produits aussi variés que le terrible Agent Orange, massivement déversé sur le Viêt-nam par l’armée américaine, les PCB (pyralène en France, interdit au début des années 80), l’aspartame ou les hormones de croissance (interdites en Europe et au Canada). Monsanto, avertit Marie-Monique Robin, est l’une des entreprises "les plus controversées de l’ère industrielle".
"Nourriture, santé, espoir" : sur son site, la firme de Saint-Louis promet une agriculture durable, aux rendements supérieurs, respectueuse de l’environnement. Journaliste d’investigation chevronnée, couronnée du Prix Albert-Londres en 1995, la réalisatrice a décidé de juger sur pièce, y compris en explorant le passé de l’entreprise. Sa première étape la mène à Anniston, en Alabama, où 40 % de la population, majoritairement noire, souffre de cancer. En 2002, Monsanto a été condamnée par la justice à lui verser 700 millions de dollars pour avoir dissimulé pendant des décennies la dangerosité des PCB…