Les FABLAB

CAFÉ SOCIÉTÉ à la médiathèque d’Antony
20, rue Maurise Labrousse
Samedi 14 Mars 2015, 10H30 -12H

THÈME : FABLABs, etc. - UNE UTOPIE RÉALISTE?
INVITÉS : Laurent RICARD et Ophélia NOOR, coauteurs de “FABLABs etc., les nouveaux lieux de fabrication numérique”, Eyrolles 2015

Bienvenus dans ce Café Société sur les FABLABS avec nos deux invités, coauteurs de « FABLABS, ETC, les nouveaux lieux de fabrication numérique ».
Vous avez déjà entendu parler de « fablabs, hackerspaces ou makerspaces », ou encore du mouvement « Do it yourself » ? Ce sont peut-être des lieux d’innovation pour le monde de demain. De jeunes « cré’actifs » - ingénieurs, designers, et artistes - y travaillent en open sources (basé sur le partage et l’économie de la contribution) et en économie circulaire (basé sur le recyclage écologique).
Les FabLabs sont des espaces dédiés à la fabrication, ouverts à tous et "pour tout faire". Ces lieux collaboratifs des cré’actifs, équipés de machines de récupération de toutes sortes, mettent en jeu des valeurs de partage, de débrouillardise et d'émancipation. Ils signifient aussi une renaissance de l’artisanat, mais au niveau global, par la création des communs et la mutualisation de la connaissance. A la niche monopolistique et au brevet, les makers dans les FABLABs opposent le partage des connaissances technologiques et la mise en commun des lieux de travail favorisant aussi le recyclage. Au lieu de miser sur l’obsolescence programmée pour créer artificiellement la demande, les makers des FABLABs misent sur une production basée sur la demande et non l’offre. 
Laurent RICARD et Ophélia NOOR nous présenteront un état des lieux des FABLABs en France avec illustrations à l’appui. Ils sont co-auteurs de “FABLABs, ETC.., les nouveaux lieux de fabrication numérique » Laurent Ricard est directeur pédagogique et  enseignant à l’université de Cergy-Pontoise. Sa passion pour l’internet des objets et les nouveaux modèles économiques – frugalité et partage - l’a conduit au mouvement des Fablabs, ces laboratoires de fabrication où l’on peut transformer une idée en objet concret. Il a créé les « Fac-lab à Gennevilliers et Cergy-Pontoise en région parisienne et la Forge des possibles en Vendée.
Ophélia NOOR est journaliste et photographe et a participé au Fablab de l’Open Bidouille Camp. Leur livre coécrit avec Camille Bosqué, est un état des lieux des FABLABS en France et dans le monde.
Résumé
Les fondateurs des FABLABS ont souvent commencé à expérimenter dans des caves, des hangars ou des garages, à l’instar de Steve JOBS qui a commencé son aventure APPLE dans un hangar. Ce sont le plus souvent des passionnés du numérique qui avec un ami ou des copains ont créé ces espaces de fabrication ou laboratoires d’expérimentation pour mettre leurs idées à l’épreuve de l’expérimentation. Pour cela  il a fallu mettre en commun leurs connaissances et  récupérer des machines dans des centres de recherche ou des entreprises.Voilà déjà deux principes pour une nouvelle économie: le partage des connaissances fait appel à une économie de la contribution chère au philosophe Bernard STIEGLER, et la récupération des machines ou autres « déchets » fait appel à uneéconomie circulaire qui plairait beaucoup au sociologue de la décroissance Serge LATOUCHE. Ces principes sont à l’opposé de L’OBSOLESCENCE PROGRAMMÉE qui mène à la surconsommation favorisée par le système capitaliste. Les jeunes acteurs cré’actifs dans les Fablabs veulent plutôt répondre à une demande, comme c’est le cas de Thomas Landrain, co-fondateur de la PAILLASSE, rue Saint Denis à Paris 2e, et inventeur d’une BIO-ENCRE. Aujourd’hui il est sorti de sa cave et s’est installé avec ses copains dans un local de 200 m2 mis à leur disposition par la maire de Paris. Vous pouvez visiter ce FABLAB tous les jeudi soirs, c’est ouvert au public. Il y a aussi LA NOUVELLE FABRIQUE au 104 à Paris 19e.
En dressant un état de lieu actuel des Fablabs nos intervenants essaieront aussi de répondre aux questions de société telles que :
Les Fablabs permettront-ils d’en finir avec la surproduction et la gabegie du marketing de masse ? Est-il permis d’espérer que les FABLABs portent en eux les germes d’une utopie réaliste basée sur le partage des connaissances et sur des modes de production durables et écologiques ?