Les insectes comme nourriture ?

Samedi 12 octobre à 10H15

CAFÉ SOCIÉTÉ à la Médiathèque A. Fontaine d’Antony

THÈME :  Des insectes pour en finir avec la malnutrition ?

Invité : Jean Baptiste de PANAFIEU, auteur de : "Les insectes nourriront-ils la planète ?"

Jean Baptiste PANAFIEU est agrégé de sciences naturelles et docteur en océanologie biologique. Il est auteur d’une trentaine d’ d’ouvrages et de plusieurs livres pour la jeunesse. Il est également scénariste et producteur de documentaires scientifiques. Son dernier livre propose de manger des insectes pour réduire notre consommation de viande et de remédier ainsi à la faim dans le monde. Mais manger des insectes ne suscite guère d’enthousiasme en France contrairement à d’autres pays comme l’Afrique ou l’Asie, mais aussi d’autres villes comme Londres où on trouve des restaurants chic et choc qui proposent des plats succulents à base de criquets ou de blattes. Malgré tout il est très difficile dans nos pays industrialisés de changer le dégoût en goût pour les insectes dont on a plutôt cherché à se débarrasser que de se nourrir. Pas facile de renoncer à nos poulets grillés, au gigot d’agneau et aux côtelettes de porc pour les remplacer par des mets de vers de terre ou de chenilles. Il faut être conscient des conditions d’élevage concentrationnaires et de l’impact écologique désastreux de l’élevage de notre bétail  et volaille pour chercher des alternatives. Il y a aussi l’argument démographique. En un demi siècle le genre d’humains sur terre a doublé et il y a 1 milliard d’hommes (un tiers de l’humanité) qui meurent de faim ou de malnutrition, tandis qu’au même moment 1 milliard d’hommes souffrent de surcharge pondérale. Les maladies liées à notre mode de vie comme l’obésité (300 millions d’obèses) ou de diabète augmentent dangereusement. La question est : pouvons-nous changer nos habitudes alimentaires par une prise de conscience écologique ou par empathie ?


Mange-t-on trop de steaks et pas assez d'insectes ? 
On connaissait déjà la formule : « dans le cochon, tout est bon ». Il faudrait ajouter aujourd’hui : « dans les insectes aussi ».

Les insectes seraient-ils la nouvelle pierre philosophale de l’alimentation mondiale ? La FAO (l’organisation de l’ONU pour l’agriculture) y voit, si ce n’est une alternative, en tout cas un substitut crédible à la consommation de viande. 

L'éventualité de manger des sauterelles, des araignées ou des chenilles fait frémir l'Européen moyen, exception sur une planète d'entomophages où plus de 1 000 espèces d'insectes sont consommées, parfois quotidiennement. Pourtant, depuis plusieurs années, avec l'accroissement des besoins alimentaires et crise écologique aidant, cette idée est très sérieusement développée par la FAO et des biologistes : intégrer à notre alimentation les insectes riches en protéines et dont l'impact écologique est faible, de façon directe ou indirecte (nutrition du bétail ou des poissons en aquaculture), serait un enjeu vital pour l'avenir. L'industrie agro-alimentaire commence aussi à s'intéresser à la question. Ce retour des insectes dans notre alimentation semble bien être l'une des pistes à suivre pour une alimentation plus équilibrée et plus écologique.

Jean-Baptiste de Panafieu aborde l'histoire de la consommation des insectes dans le monde, et plus particulièrement en Europe, avant d'explorer les implications économiques et écologiques des nouveaux projets d'élevage à l'échelle industrielle. Et si élever des insectes s'avérait une industrie d'avenir ... ?