TUNISIE

Café société
Samedi 23 mai 2015, 10H30
médiathèque Anne Fontaine à ANTONY*
Animé par Rencontres et Débats Autrement.
 
THÈME : La Tunisie entre révolution et islamisme 
INVITÉE : Emna Belhaj Yahia, écrivaine, auteure de « Tunisie:  « Questions à mon pays »
 (2014, Editions de l'Aube). 

Emna Belhaj Yahia, née à Tunis, est écrivaine de formation philosophique. Après hypokhâgne à Tunis et khâgne à Paris,  elle a enseigné  la philosophie à Tunis. Elle est auteure de 4 romans - dont le dernier (“Jeux de Rubans”)  a été récompensé par le Comar d’or. Elle a écrit plusieurs nouvelles et cet unique essai, déclenché par le printemps tunisien, un livre très personnel, écrit sous forme de dialogue avec elle-même: Tunisie: Questions à mon pays.

Comment parler du politique Autrement ? Voilà ce que fait Emna Belhaj Yahia dans ses « Questions à mon pays » après le soulèvement populaire du 14 janvier 2011 qui a déclenché le printemps tunisien. Elle en parle avec la distance nécessaire d’une philosophe et écrivaine. Distanciation qui se passe d’évoquer  un parti ou un homme politique en particulier. Le but est de comprendre cette contradiction entre le soulèvement pour la liberté, entre le « Dégage ! » et le vote pour un ordre religieux et conservateur qui s’en est suivi. Au point qu’on peut se demander si c’est le même peuple qui s’est soulevé et qui a voté. Emna Belhaj Yahia explique cette contradiction, par l’état catastrophique de l’enseignement et par le manque d’intellectuels ayant le courage de mettre des mots sur les maux. C’est comme si la Tunisie fonctionnait avec la logique de l’illogique. Ses questions touchent au fond du problème, à l’incapacité de dialoguer, communiquer et de vivre ensemble.
 
QUESTIONS :
- Emna Belhaj Yahia, dans les années 1970/80 vous avez été membre d’une association féministe où vous avez participé à une revue qui s’est éteinte. Puis vous êtes entrée dans la Ligue des droits humains de Tunis où les « combats de coqs » pour le pouvoir de ces Messieurs vos collègues vous ont agacé au point de l’abandonner pour finalement devenir membre de l'Académie tunisienne des Sciences, Lettres et Arts - Beit al Hikma. Vous  sentez-vous mieux avec les gens des arts, des sciences et des lettres qu’avec les politiques ?
 
- Avez-vous trouvé des réponses aux questions que vous formulez dans votre livre, en particulier à celle de la  contradiction entre ce soulèvement populaire courageux  pour la liberté et le vote pour un ordre religieux et conservateur ? 
 
- Comment expliquez-vous des comportements  que vous n’hésitez pas d’appeler schizophrènes comme celui de  votre beau-frère, bon musulman pratiquant, qui dans un même discours, prône  la démocratie et insulte les propriétaires des restaurants qui continuent à servir les non-jeûneurs pendant le ramadan ? 
 
- Où en est la Tunisie, quatre ans après la révolution ? Quel rôle jouent les islamistes dans le jeu politique ? Quelle place ont les femmes dans la société ?
Comment expliquez-vous que le système éducatif  a échoué et échoue surtout  à former des jeunes à l'esprit critique ?
Quelle issue voyez-vous pour votre pays entre la dictature, la révolution et l’islamisme ?

*LIEU : 20, rue Maurice Labrousse, RER B, gare Antony (à 30 mn. du Châtelet), la médiathèque se trouve à 2 mn. de la gare