Guila-Clara KESSOUS

Guila Clara Kessous   
Artiste, chercheur et enseignante
Thèmes : Ethique et esthétique
Site: http://www.ces.fas.harvard.edu/people/p138.html
 

Guila Clara KESSOUS est nommée Chevalier Arts & Lettres par le Ministère de la Culture pour son travail de rayonnement de la culture française à l'étranger, elle reçoit le titre d'Artiste de l'UNESCO pour la Paix en 2011

Spécialiste Art et Droits de l'Homme, elle travaille à l'ouverture de la section "théâtre et droits de l'Homme" à la Kennedy School de l'Université de Harvard et en crée le cours à SciencesPo Paris. Artiste, chercheur et enseignante, elle bénéficie, en tant que comédienne d'une double approche française et américaine en travaillant avec des metteurs en scène et réalisateurs tels que John Malkovich, Peter Brook, Daniel Mesguich, Jean Pierre Vincent. Elle a traduit de nombreuses pièces dont "Il était une fois " d'Elie Wiesel dont elle crée la première mondiale à Boston en présence de l'auteur en 2007 et au Festival d'Avignon 2008 avec la complicité de comédiens de la Comédie Française à la Chartreuse. Collaboration avec de nombreux auteurs et artistes sur des créations théâtrales liées à des causes humanitaires et sociales : Marie-Christine Barrault, Marie NDiaye, Jean-Claude Grumberg, Jean-Paul Wenzel, Enzo Cormann, ... Elle est la fondatrice de la Troupe Francophone de l'Université de Harvard et enseigne en France et à l'étranger (Université de Harvard, Université de Boston, Université d'Oxford, Université de Genève, Ecole Normale Supérieure, Alliances Françaises). Dans le cadre de ses recherches théâtrales et cinématographiques, elle est chercheur associé du laboratoire ARIAS , Atelier de recherche sur l’intermédialité et les Arts du Spectacle (CNRS/Paris III/ENS)  et de la FIIRD, Fondation pour la recherche et le dialogue interreligieux et interculturels de l'Université de Genève.

Le Monde Littéraire

On a retenu son souffle dimanche 30 janvier 2011 lors de la lecture de la pièce « Savannah Bay » de Marguerite Duras que les deux comédiennes, Marie Christine Barrault et Guila Clara Kessous nous offraient en avant-première avant leur départ aux Etats-Unis pour un hommage à Jean Louis Barrault. L’association « Rencontres et débats autrement » présidée par Brigitte Patzold, journaliste au « Monde Diplomatique » recevait les deux interprètes avec bonheur dans une salle pleine à craquer mais qui a su observer un profond silence lors de la représentation. Nous avons tous été ainsi le jeu d’une hallucination collective portée par la voix des deux interprètes qui nous ont menés à cette « pierre blanche » de l’oubli, cette plage du « meurtre » de Savannah. Pièce pour deux femmes écrite par Duras en 1982, elle retrace l’incroyable lien qu’il existe entre une jeune-femme et Madeleine, ancienne comédienne qui ne sait que jouer et rejouer l’épisode de la noyade de sa fille de 17 ans. Mais la vision devient floue lorsque soudain Madeleine se trompe de dates, de jours, … Voilà que l’enfant, cet enfant de la noyée ressemble étrangement à cette jeune-femme qui questionne….voilà que Madeleine raconte qu’elle tourne un film…voilà qu’elle dit qu’elle est comédienne : « Oui, comédienne de théâtre, c’est ce que j’étais… Sinon rien ». 
Ode au théâtre, ode à la vie, cette pièce avait été écrite pour Madeleine Renaud qui l’interpréta à l’âge de 83 ans. C’est une Madeleine bien plus robuste et plus jeune que nous propose Marie Christine Barrault qui nous offre ici l’opportunité d’admirer la maîtrise d’un phrasé qui va du plus pathétique au plus loufoque quand elle se moque d’elle-même en tant que comédienne. La jeune femme est brillamment interprétée par Guila Clara Kessous qui déploie des trésors de tendresse vis-à-vis de cette femme plus âgée qui garde jalousement ses souvenirs. Gardons en mémoire ce moment d’émotion intense, le moment du couronnement par les colliers où nous vivons sur une musique de Schubert l’instant fulgurant du passage et de la réconciliation des générations au travers de ces deux femmes qui se refusent à la facilité de l’élégiaque pour prendre cette pièce à bras le corps et en faire un morceau de musique à deux voix…
A la suite de cette représentation unique, la même question courait sur toutes les lèvres : à quand le bonheur d’une production parisienne… ?
Laura Beaumont, Journaliste, Monde Littéraire
 
La lecture du Journal d'Hélène BERR a été présentée par deux fois à New York