Le journal d'Hélène BERR

DIMANCHE 30 JANVIER 2011
A L’HELICON CAFE

LE JOURNAL D’HELÈNE BERR
interprété par Guila Clara KESSOUS, accompagnée au violon par Delphine Malka

 
Guila Clara Kessous est comédienne, metteure en scène, enseignante à Harvard aux Etats-Unis et chargée de mission au CNRS à Paris. Elle s’est produite dans plus d’une vingtaine de spectacles en France et à l’étranger.
Sa double approche théâtrale française et américaine lui a permis de travailler avec des metteurs en scènes aussi prestigieux que John Malkovich, Daniel Mesguich ou Jean Pierre Vincent. Ses créations théâtrales sont le plus souvent liées à des causes humanitaires comme c’est le cas avec le Journal d’Hélène Berr qu’elle a d’ailleurs créé sur l’instigation d’Elie Wiesel, son mentor et directeur de thèse de doctorat.
Guila Clara Kessous a aussi fondé la Troupe Francophone de l’université de Harvard aux Etats-Unis, et c’est une habituée du festival d’Avignon, c’est d’ailleurs là où nous l’avons découverte dans HILDA, un pièce sur l’esclavage domestique.
 
Guila Clara KESSOUS sera accompagnée au violon par Delphine MALKA.
Stanislas Sauphanor a sélectionné les textes du Journal d’Hélène Berr et
Romain Martin est assistant technique
 
A l’issue de la représentation, Mariette JOB, la nièce d’Hélène BERR, nous dira comment elle a retrouvé ce journal et comment elle a pu le publier il y a 2 ans.
 
Le thème du débat qui va suivre est : « le mal est-il vraiment banal ? » en référence à la  d’Hannah Arendt.
 
Hannah Arendt a parlé de « la Banalité du Mal » à l’issue des procès d’Adolf Eichmann lorsqu’elle a écrit : « EICHMANN À JÉRUSALEM. Rapport sur la banalité du Mal ». Le bourreau d’Auschwitz s’y est présenté comme kantien ayant tiré la leçon de la CRITIQUE DE LA RAISON PRATIQUE de KANT, à savoir qu’il fallait obéir aux ordres de ses supérieurs en tant que représentants de l’Etat.
Une fois que les hommes s’abritent derrière cette obéissance due, ils sont capables des pires exactions, puisqu’ils s’autorisent à ranger les AUTRES dans une catégorie de « mal absolu » en leur enlevant leur humanité. En Argentine il y a même eu une loi de l’Obéissance due qui est restée en vigueur jusqu’en 2002. Au nom de cette loi on a déresponsabilisé tous les tortionnaires pendant la dictature militaire, sous prétexte qu’ils ne faisaient qu’obéir aux ordres, comme les Français sous Vichy ont obéi aux lois des nazis. Les génocides et crimes de guerre les plus atroces sont donc possibles non seulement chez les Allemands censés d’être un peuple cultivé, mais chez tous les autres peuples de la terre – que ce soit au Ruanda ou en Yougoslavie, et l’expérience Milgram l’a bien montré. Nous avons eu dernièrement un Ciné-Débat à propos de cette expérience repris dans le film Le jeu de la Mort de Christophe Nick.
Dans son Journal Hélène Berr parle à plusieurs reprises du bien et du mal en rangeant les Allemands dans la catégorie du mal absolu.
D’où la question, faire du mal aux autres avec une cruauté sans limites, est-ce vraiment banal ? N’est-ce pas dangereux de banaliser le mal ? Quelles sont les gardes fou contre le libre cours de nos pulsions ?

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