Le jeu de la mort

VENDREDI 7 janvier 2011 à 19H

Le Film : Le jeu de la mort de Christophe NICK.

Sujet : DE L’EXPÉRIENCE MILGRAM AU JEU DE LA MORT – JUSQU’Où VA NOTRE OBÉISSSANCE?

Invités: Christophe NICK, auteur-producteur
, auteur, philosophe
Je vous présente brièvement nos deux invités :
Christophe NICK, l’auteur-producteur du LE JEU DE LA MORT est ancien grand reporter pour le journal ACTUEL.
Il a co-écrit avec le philosophe Michel ELTCHANINOFF « L’EXPÉRIENCE EXTREME » qui s’inspire de l’expérience menée par le chercheur américain Stanley Milgram dans les années 60, pour l’adapter à la télévision. Une expérience qui montre que nous sommes tous manipulables et que nous avons tendance à obéir à n’importe quelle autorité, que ce soit l’autorité scientifique d’un chercheur ou celle d’une simple présentatrice de télévision. Indice inquiétant pourtant : Si 60 % des candidats de l’expérience Milgram ont obéi à l’autorité scientifique, ils étaient 81% à obéir aux injonctions de la modératrice de télévision et aux clameurs du public. Un constat troublant sur le pouvoir de la télévision que C. NICK a déjà analysé dans un autre livre devenu bestseller et co-écrit avec Pierre PÉAN : «TF1, un pouvoir ».
Parmi ses nombreux documentaires citons seulement « Chroniques de la violence ordinaire », parce qu’il est lui aussi en rapport avec le sujet d’aujourd’hui, car dans LE JEU DE LA MORT il s’agit bien d’hommes ordinaires comme vous et moi, qui infligent des chocs électriques de plus en plus forts aux autres candidats tirés au sort.
Citons aussi son documentaire sur la Résistance réalisé en 2008 - la résistance comme antidote à l’obéissance ! Puis les deux documentaires pour lesquels nous avons organisé des Ciné-débats ici : LA MISE A MORT DU TRAVAIL et le TEMPS DE CERVEAU DISPONIBLE, réalisés par Jean Robert VIALLET et dont C. NICK est l’auteur et producteur.
Michel ELTCHANINOFF, lui, est agrégé de philosophie, professeur à la Sorbonne, membre de la rédaction de PHILOSOPHIE MAGAZINE, et co-auteur de L’EXPÉRIENCE EXTREME paru aux éditions DON QUICHOTTE en 2010.
 
Pourquoi faire un tel film peu flatteur pour le citoyen lambda, qui nous montre tous manipulables et obéissants à n’importe quelle autorité, démontrant en fait que l’obéissance aux ordres n’est pas une spécificité allemande mais universelle ?
On pense évidemment à LA BANALITÉ DU MAL de Hannah Arendt et au procès d’Adolf Eichmann où l’on voit le bourreau d’Auschwitz se présenter comme un fonctionnaire ordinaire – kantien par –dessus le marché ! - qui ne fait que son « devoir » d’extermination des Juifs en obéissant aux ordres donnés.
Que faire contre ce réflexe d’obéissance?
Le seul remède est probablement d’aiguiser notre ESPRIT CRITIQUE et PENSER PAR SOI-MÊME. Ce à quoi se proposent de contribuer nos RENCONTRES ET DÉBATS AUTREMENT. Essayons de résister au prêt-à-penser et au discours dominant qu’on nous sert à longueur de temps et que le grand linguiste américain a bien analysé dans son ouvrage « La fabrique du consentement ». La parole est à vous et à nos invités, pour qu’ils nous aident à donner du sens à ce que nous venons de voir.