Joséphine BAKER

Dimanche 10 Mars 2013

THÉÂTRE-DÉBAT :

JOSÉPHINE BAKER, UN PLI POUR VOUS…..  (Durée 1H10)
écrit et interprété par PIERRETTE DUPOYET

 

Le représentation sera suivie d’un débat avec la comédienne-auteure et avec Akio BOUILLON, l’aîné de sa « tribu arc-en-ciel ».

Ce spectacle créé à Avignon a ensuite été représenté  un peu partout dans le monde. Pierrette Dupoyet a fait des tournées dans 70 pays dont le Liban, la Hongrie, le Canada, les Emirats Arabes Unis, l'Afghanistan, l'Ousbékistan....
Pierrette Dupoyet est comédienne et auteure de ses spectacles. Pour écrire ses textes elle fait des enquêtes auprès des survivants qui ont fréquenté ses personnages. Ainsi sur les douze enfants adoptés par Joséphine Baker elle en a retrouvé cinq:  Akio (coréen, né en 1952), Jean-Claude (Français, né en 1953), Brian (Algérien né en 1956), Marianne (Algérienne, née en 1956), Stellina (Marocaine, la plus jeune de la "tribu arc-en-ciel"). Elle a aussi retrouvé la secrétaire de Joséphine Baker. L'authenticité du récit  est garanti!

PRÉSENTATION DE LA VIE de Joséphine BAKER
Joséphine est née en 1906 au nom de Freda Joséphine McDonald dans un quartier réservé aux Noirs et aux pauvres – ségrégation oblige  - à St. Louis dans le Missouri aux Etats-Unis. Elle est fille d’esclaves et métissée afro-américaine et amérindienne, sa grand-mère étant de la tribu des Apalaches. Son père était musicien, sa mère chanteuse dans des bars. Le père prend bientôt le large, et la mère dit à Joséphine : « c’est à cause de toi qu’il est parti ». Autant dire que sa mère ne l’aime pas. Elle la marie d’ailleurs à 13 ans, mais peu de temps après Joséphine quitte ce mari imposé, non sans lui avoir cassé une bouteille sur la tête. Elle adore danser et jouer et faire le pitre, ce qu’elle fait toujours devant sa ribambelle de frères et sœurs dans la cave de leur cabane fait de bric et de broc.. A 14 ans elle quitte sa famille et se fait engager comme danseuse dans une troupe d’artistes de rue qui parcourt le pays. Il faut dire que les danseuses étaient considérées comme des prostituées. Mais Joséphine attirait du monde en faisant rire avec ses grimaces et sa drôlerie. Elle veut à tout prix aller à Broadway et y arrive. C’est là qu’une riche Américaine découvre son talent et l’engage pour sa revue Nègre aux Folies Bergères à Paris. A 19 ans elle embarque sur un bateau pour traverser l’Atlantique.
A Paris Joséphine avec sa ceinture de bananes comme tout costume fait fureur. Le Tout Paris est en émoi, mi-scandalisé, mi-amusé. En femme de tête elle profite de ses débuts de notoriété pour fréquenter l’intelligentsia international rassemblé à Paris : Hemingway, Le Corbusier... En 1926 elle est invitée à Berlin, où elle plaît aux directeurs de revue, au public et surtout aux nudistes qui la porte aux nues. Mais le bruit des bottes nazies gronde déjà dans les rues de Berlin. Elle préfère revenir à Paris où elle tombe amoureuse d’un certain Pépito, bel homme ténébreux qui se fait passer pour un conte italien mais en fait vit des talents de ses maîtresses. Elle en fait son mari/impresario. Il lui fait prendre des cours de chant et elle devient chanteuse et rivale de Mistinguette avec sa chanson-phare « J’ai deux amours… ».
En 1935 Pépito organise une tournée à New York, mais elle retrouve toujours le même racisme dans son pays natal qu’au moment de l’avoir quitté… A l’hôtel on lui dit d’emprunter l’escalier de service, et les bars et restaurants sont interdits aux noirs. Les critiques sont désastreuses, on la compare à un singe, bref, c’est un échec. Le couple se dispute, Pepito repart pour Paris et décède brusquement. De retour à Paris Joséphine rencontre son 2e mari Jean Lion qui est français et c’est ainsi qu’elle acquiert la nationalité française en 1937. Lorsque la guerre éclate et les troupes hitlériennes envahissent Paris, Joséphine s’engage dans la Résistance et rend de précieux services comme agent de liaison. Maintes fois décorée pour son courage, elle reçoit en 1944 la Légion d’Honneur des mains du Général de Gaull, son idole.
En 1947 elle épouse Jo Bouillon, ensemble ils achètent le château des Milandes en Dordogne. Comme elle ne peut plus avoir d’enfant après avoir accouché d’un enfant mort-né, elle décide d’en adopter. Ainsi elle revient de chacune de ses tournées à l’étranger avec un bébé dans les bras, le premier est AIKO, d’origine coréenne, qui nous fait l’honneur d’être parmi nous aujourd’hui. Joséphine va jusqu’à adopter 12 enfants de toutes races et toutes cultures, sa tribu « arc-en-ciel ». Mais entretenir le château avec tout son personnel et nourrir toute cette grande famille coûte cher. Surtout quand on organise des réceptions somptueuses pour tous les amis et voisins aux frais de la princesse. Joséphine, généreuse et dépensière, ne sait gérer l’argent et s’enlise dans des dettes. En 1962 les huissiers sont à ses trousses. C’est de cela qu’il est question dans la pièce de Pierrette Dupoyet. Joséphine Baker finit par être expulsée, malgré le soutien de Grace et du prince Raignier de Monaco ainsi que de Brigitte Bardot. Mais, avec un optimisme indestructible, elle rebondit. En 1968, à 62 ans, elle triomphe sur la scène de l’Olympia. Et en 1975 elle fête une grande première à BOBINO. C’est un immense succès. La salle est en ébullition, le public est debout pour la saluer, mais malgré les rappels, le rideau ne se lève plus après la revue. Elle est morte sur scène. Son cœur l’a lâché. Une belle mort après tout. Pierrette Dupoyet se chargera de la faire revivre.

Synopsis de « Joséphine Baker, un pli pour vous » :
Une femme huissier sonne à la porte du Château des Milandes, un avis d’expulsion dans la main…. La grande Joséphine BAKER, celle qui fit fureur sur les scènes du music-hall avec sa « revue nègre », celle qui frétillait sur des rythmes jazzy dans une France d’avant-guerre – cette femme  est ruinée. Celle qui a adopté douze enfants de toutes races et de toutes cultures et qui a rêvé de construire un collège international en pleine Dordogne, a des créanciers avides à ses trousses. Celle au cœur énorme, une femme résistante, courageuse qui « cueille » les enfants au hasard de ses tournées, petite fille d’esclave venue d’Amérique, devenue star et portée aux nues par un public galvanisé…. Ruinée par ses dépenses trop généreuses, la première star noire, la "venus d'ébène" doit alors  affronter l’indifférence dans une France qui semble l’avoir oubliée - avant de reconquérir une nouvelle gloire.