LE CLIMAT

Mardi 28 mai 2013 -  19h15

Université Populaire: DEMAIN, QUELS HUMAINS ? 7è rencontre-débat

INVITÉS:  Valérie MASSON-DELMOTTE, climatologue

 Patrick VIVERET, philosophe et économiste

Thème : Une Cause Humaine: climat, limites planétaires

Bienvenus à cette conférence-débat pas comme les autres. Nous sommes très heureux d’accueillir la paléoclimatalogue Valérie Masson-Delmotte et le philosophe Patrick Viveret. Nous tenons particulièrement à cette conjugaison entre une personnalité du monde scientifique et une autre du monde philosophique pour donner une dimension sociétale et citoyenne au sujet. Aujourd’hui nous abordons pour la première fois le thème épineux du changement climatique comme cause humaine. Pourquoi une cause humaine ? Parce qu’il n’y a plus de doute que c’est l’activité humaine qui accélère fatalement le changement climatique. Et aussi parce qu’il ne s’agit pas seulement de sauver la planète mais l’espèce humaine qui n’a pas de « résidence secondaire ».

Voici une brève présentation de nos invités: VMD est directrice de recherches au CEA et membre du GIEC, groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat. Hubert Reeves disait du GIEC hier soir, lors d’un autre débat, qu’il était le groupe d’experts le plus fiable, voilà une bonne référence. VMD est aussi auteure de plusieurs livres, dont le dernier en date est : « Climat, le vrai et le faux ». Dès la couverture une question cruciale est posée: les scientifiques disent-ils la vérité ? Si vous lisez le livre vous comprendrez comment les lobbys arrivent à acheter non seulement certains scientifiques mais aussi des politiques. VMD explique comment les multinationales comme Exxon Mobil ont financé le doute sur le changement climatique. Semer le doute sur le changement climatique a au moins deux conséquences : retarder les décisions nécessaires et renforcer le sentiment d’impuissance des citoyens. Si les scientifiques ne sont pas d’accord entre eux, comment moi, citoyen lambda, puis-je savoir ? Et aussi : A quoi bon faire des efforts individuels pour réduire l’émission des gaz à effets de serre si les nantis continuent à polluer à grande échelle ?

Notre deuxième invité, Patrick Viveret, est philosophe et économiste. Il est conseiller honoraire à la Cour des Comptes et a travaillé sur des nouveaux indicateurs de richesse. Le résultat de ce travail est résumé dans son ouvrage « Reconsidérer la richesse » (2002). Il ne plaide non seulement pour un nouvel indice pour remplacer celui du PIB, mais a aussi initié une nouvelle monnaie complémentaire (le SOL). Partisan de la « sobriété heureuse » chère à Pierre Rabhi, il est aussi co-fondateur des rencontres internationales « DIALOGUES EN HUMANITÉ » qui cette année auront lieu début juillet à Lyon sous  «l’ arbre à palabres ».

Dans son dernier livre La CAUSE HUMAINE, du bon usage de la fin d’un monde, préfacé par Edgar Morin, il nous compare à la grenouille qui se fait ébouillanter, parce qu’elle s’aperçoit trop tard que la température augmente progressivement. Autrement dit nous ne voyons pas ce qui nous arrive.

Voici mes questions aux deux intervenants : Comment faire pour que nous prenions conscience  qu’il est temps d’agir ? Comment faire pression sur nos gouvernements obnubilés par le court terme ? Et comment arriver à une gouvernance mondiale ?

Synopsis des deux livres

La globalisation est un chaudron qui brûle les ressources rares, encourage les politiques d’accaparement et accélère le réchauffement de la planète. Nous vivons une époque où l’interconnection systémique des crises – crise climatique, financière et alimentaire – qui peut nous mener aux pires catastrophes si nous ne faisons rien pour changer nos modes de production, de consommation, de distribution, et plus radicalement, nos manières de vivre. Nous assistons à l’élévation gravissime du taux de CO2 dans l’atmosphère et de son cortège de désastres naturels (sécheresses, canicules, inondations, tempêtes, tremblements de terre, etc.) ou à des catastrophes technologiques comme Fukushima. Mais nous sommes comme la grenouille qui ne réagit pas  tandis qu’on l’ébouillante progressivement.
Il serait trop simple de réserver aux autres la nécessaire “métamorphose” (proposée par Edgar Morin dans “la Voie” et dans sa préface au dernier livre de Patrick Viveret: LA CAUSE HUMAINE – DU BON USAGE DE LA FIN D’UN MONDE) pour sortir du mur

La paléoclimatologue Valérie Masson-Delmotte rappelle dans son livre CLIMAT: LE VRAI, LE FAUX que l’impact des activités humaines sur le climat est indéniable. Il y a quelque chose d’indécent dans le financement du doute sur le changement climatique par des  multinationales comme  Exxon Mobil, un doute qui ne peut que renforcer le sentiment d’impuissance de nombreux citoyens. Elle plaide pour un projet de société durable pour sortir d’un mode de développement cynique privilégiant le court terme.
 
SOYONS LE CHANGEMENT QUE NOUS PROPOSONS ! (Gandhi)