Le développement durable

Sujet du samedi 3 Novembre 2007

Le développement durable, Le Philosophe doit-il se mêler des enjeux de société
Notre invité est Fabrice FLIPO Ingénieur et Philosophe
On peut se demander quel rapport le développement durable a avec la philosophie.
Personnellement je vois au moins 5 problématiques philosophiques qui sont de façon récurrente discutés dans les cafés-philo .
Tout d’abord : faut-il croire au progrès - croyance sur laquelle nous avons fondé nos sociétés occidentales depuis les LUMIERES ?
Puis : qu’est-ce que le bonheur ou le bien-être individuel et social ?Sommes-nous devenus plus heureux avec tous les acquis du progrès technique ?
La TV, le téléphone, tous les appareils électriques, la voiture, la résidence secondaire ?
3e question qui découle de la précédente :
Faut-il privilégier l’ETRE ou l’AVOIR ?
4e question ; Sur quoi fonder un vivre ensemble un mode de vie individuel qui ne nuit pas au collectif et qui tient compte de l’ensemble de la société humaine ?
Puis j’ajouterais une 5e question ou plutôt une sollicitation que j’ai mis en exergue dans l’accroche pour nos café philo et café débat :
Pouvons-nous devenir acteurs de notre vie au lieu de rester consommateurs passifs ?
Et j’ai découvert à la fin de la lecture du « Développement durable » que Fabrice FLIPO finit sur cette même recommandation :
Devenons acteurs de nos vies à tous les niveaux. L’Enjeu c’est l’avenir de la planète dont nous devons nous occuper aujourd’hui, et non plus seulement de l’avenir de la cité comme le faisait SOCRATE.
Si nous voulons une mondialisation plus équitable il est urgent de changer nos modes de vie. Aussi il faudrait essayer de démêler les fils d’une information souvent contradictoire et surtout d’essayer – et ce n’est guère facile – de nous DECONDITIONNER de cette course effrénée à la croissance qui nous pousse à la consommation.
Car derrière le problème du développement durable se profilent les questions de CHOIX DE SOCIÉTÉ et de BIEN-ÊtRE de l’individu dans son environnement naturel et social.
A quoi sert la croissance du PIB si cette croissance nous envahit avec des biens de consommation inutiles , artificiels ou si elle contribue au réchauffement climatique, à la déforestation, la désertification, etc. ?
Avons-nous tous besoin d’une voiture, d’une résidence secondaire, d’un téléphone portable, ou de plusieurs TV par famille ?
On a d’ailleurs commencé à élaborer d’autres indices de développement que celui de la croissance, p.ex. l’indicateur de happiness, du bonheur ou bien-être individuel et social, indices basés sur des critères de qualité au lieu des seuls critères de quantité et du rendement..
L’objectif de l’écologie du long terme - du développement durable donc - est la réalisation du bien commun sur la base d’une DEMOCRATIE PARTICIPATIVE .
Nous sommes donc tous appelés à y contribuer en tant que citoyens.
Pour finalement en venir à la question si la philosophie doit se mêler des enjeux de société, cela dépend si on considère la philosophie comme une matière académique destinée à élaborer des concepts ou si on croit que chacun de nous est capable d’une réflexion philosophique.
Socrate s’est bien mêlé des affaires de la cité, lorsqu’il a estimé qu’elle était menacée. pourquoi alors ne pas nous mêler de l’avenir de la planète, puisque nous sommes tous concernés par son devenir ?