Le meilleur des nanomondes

Samedi 12 février 2011

CAFÉ DE SOCIÉTÉ, médiathèque d’Antony
LES NANOTECHNOLOGIES, BIENFAITS OU DANGERS pour l’homme ?
 
Invitée : Journaliste scientifique, déléguée générale de VivAgora, une association qui veut que les CITOYENS aient leur mot à dire dans les décisions politiques qui impliquent notre avenir commun. Elle est auteure de plusieurs ouvrages :
 
Cerveau, sexe et pouvoir (avec Catherine Vidal), Belin, 2005
Alertes santé (avec André Cicolella), Fayard 2005
Le meilleur des nanomondes, Buchet-Castel, 2009, dont le titre est un clin d’œil au roman d’Aldous HUXLEY : LE MEILLEUR DES MONDES.
 

Le citoyen lambda est très peu informé sur les nanotechnologies, pourtant elles sont partout : dans nos aliments (pour enlever les grumeaux p.ex.), dans les ciments, les peintures, les frigidaires, les cosmétiques.. Elles peuvent s’implanter sous la peau avec les RFID pour localiser un individu et l’identifier, et elles ouvrent les champs de tous les possibles, y compris celui du clonage, de la longévité, de l’augmentation de la mémoire, des capacités cérébrales et émotionnelles, bref, elles ouvrent la possibilité d’un homme amélioré ou augmenté. Le problème c’est que l’infiniment petit échappe au contrôle humain par la polysémie ou la capacité de reproduction.
 
L’expérience des OGM rejetés par le consommateur rend les promoteurs des nanotechnologies prudents. C’est pourquoi ils font l’apologie des bénéfices à tirer des nanotechnologies tout en occultant les risques et dangers. La rétention d’information devient monnaie courante. Ce qui pose problème c’est que les évaluateurs de ces technologies – les fameux experts scientifiques - sont en même temps leurs promoteurs. Toutes les grandes multinationales sont sur les rangs pour s’approprier les brevets qui promettent des marchés juteux, en particulier dans le secteur de la défense, de l’agroalimentaire ou de la médecine.
La question est de savoir si l’engouement pour ces nouvelles possibilités qui mettent l’homme à la place de Dieu, ne fait pas oublier ou contourner l’application du principe de précaution. La crise de la vache folle ou les dernières révélations sur le MÉDIATOR l’ont déjà montré. D’où la nécessité d’une vigilance citoyenne qui passe au préalable par l’information.
La question est comment choisir les bonnes informations, comment distinguer les informations de promotion et de marketing des informations scientifiques, puisque ce sont les experts scientifiques qui jouent le double rôle d’informateurs et de promoteurs.