Le polar à l'heure écologique

Sujet du samedi 2 Avril à 14H15 :
LE POLAR À L’HEURE ÉCOLOGIQUE
LE ROMAN NOIR DES OGM
Invité : JACQUES BULLOT, ancien chercheur au CNRS devenu auteur de polars

Nous sommes heureux de vous présenter Jacques BULLOT, chercheur émérite du CNRS converti au roman noir, dont trois au moins sont à l’heure écologique : « Le gène du perce-neige » cible les OGM, « Les Liquidateurs » traite du nucléaire et de la catastrophe de Tchernobyle et «Le nitrate dans le cassoulet » parle de la nutrition ou de « notre poison quotidien » dans nos assiettes . C’est des OGM qu’il sera question aujourd’hui, des fameux organismes génétiquement modifiés, et de la manipulation d’information sur les résultats de recherche.

Au préalable un mot sur l’objectif de ces cafés de société. Avec nos invités, spécialistes des sujets traités, nous cherchons à rendre le monde plus intelligible et les citoyens plus vigilants. Top souvent les médias sont oublieux de l’histoire. Il s’agit donc de mettre les faits en perspective et de démêler les fils complexes et contradictoires des informations qui nous submergent tous les jours. Les controverses sur les OGM sont connues : Les pro-OGM prétendent stopper la faim dans le monde avec ces organismes génétiquement modifiés, les anti-OGM disent qu’ils sont nocifs pour l’environnement et pour notre santé. Qui croire alors ?
Si nous parlons des OGM aujourd’hui à travers ce polar basé sur des faits réels c’est pour montrer à quel point l’information peut être manipulée. On sait p.ex. que Monsanto a pu acheter des pages entières dans les grands journaux européens, y compris le Monde. La journaliste d’investigation Marie Monique Robin a également montré cette manipulation des informations dans son film et son livre « ». J.Bullot, lui, n’est pas journaliste, mais connaît le monde de la recherche de l’intérieur. Il sait de quoi il parle, puisqu’il a fait sa carrière en tant que chercheur au CNRS travaillant entre autres sur les technologies des photovoltaïques.
Je ne sais plus comment j’ai découvert Jaques Bullot, mais je connaissais le scandale autour de ce chercheur écossais d’origine hongroise, Arpad PUZTAI, qui a inspiré son roman noir. Arpad Puztai, chercheur réputé, a été un des premiers « lanceurs d’alerte », à être écarté de la recherche et suspendu de ses fonctions. Pourquoi ? Parce qu’il n’a pas voulu qu’on prenne les consommateurs pour des cobayes en rendant public, dans une interview à la TV britannique, ses résultats de recherche sur la pomme de terre génétiquement modifiée. Il en a nourri les rats de son laboratoire avec des conséquences néfastes sur leur système immunitaire. Aussitôt on a crié au scandale. Car la divulgation d’une telle information n’a pas arrangé certaines multinationales et leurs intérêts financiers. Aussitôt elles ont prétendu que ses recherches n’étaient pas valables, bref, on veut immédiatement le faire taire en achetant des experts qui publient le contraire de ce qu’il a trouvé. Résultat : Il est limogé et les financements pour son laboratoire et son équipe de chercheurs sont suspendus, malgré le fait que d’autres chercheurs mexicains arrivent au même résultat au même moment, sans connaître les siens. Le but de l’opération est de dissuader d’autres chercheurs de recommencer les mêmes expériences. Sa carrière étant brisée, Arpad Puztai a payé cher une démarche citoyenne.

Seulement dix ans après avoir capté ces informations j’apprends qu’un chercheur du nom de Jacques Bullot a transposé ces faits réels dans un roman noir.

QUESTIONS :
C’est bien cette histoire d’Arpad Puztai qui vous a amené à écrire « Le gène du perce-neige »?
Plus généralement parlant qu’est-ce qui vous a donné envie d’écrire des romans policiers?

Qui sont les lanceurs d’alerte ? En connaissez-vous d’autres ?

Après le scandale de la vache folle, de l’amiante et de la dioxine, trois problèmes sur lesquels l’Académie des Sciences s’est trompée, pouvons-nous faire confiance à la techno-science et à nos institutions ?

Est-ce que la législation européenne nous protège aujourd’hui des OGM ? (Exemple du maïs Monsanto 810 dont aux dernières nouvelles on veut suspendre l’interdiction en France) ?
Quels sont les dangers des OGM pour le consommateur ? Est-ce que nous y sommes exposés aujourd’hui ?

En tant que chercheur du CNRS et non d’un laboratoire privé, est-ce que vous avez toujours été libre de chercher et de publier ce que vous vouliez ?

Que peuvent faire les citoyens pour se protéger des informations manipulées et pour faire pression sur les gouvernements ? Comment prendre une part active dans ces processus qui semblent nous échapper ?