Notre poison quotidien

Jeudi 29 Septembre 2011
Notre poison quotidien, un film à charge contre l’industrie chimique

Après "Le Monde selon Monsanto", la journaliste Marie-Monique Robin s’attaque aux produits chimiques présents dans nos aliments.

Au cœur de sa nouvelle enquête il y a une question fondamentale : comment les produits chimiques qui contaminent notre chaîne alimentaire sont-ils testés, évalués, puis réglementés?

M.M. ROBIN : “J’ai pu constater que le système de réglementation était inopérant. Ces agences de réglementation telles que “Food and Drug Administration” ou « l’Autorité Européenne de Sécurité des Aliments”, se fient aux études de toxicité produites par les entreprises qui bien souvent sont fausses. »

Prix ALBERT LONDRES qui est son grand modèle.  C’est lui qui a dit au siècle dernier : « Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort, il est de porter la plume dans la plaie. »
Présentation :
« Après ce réquisitoire contre l’industrie chimique en connivence avec les agences de réglementations, nous avons la chance de pouvoir en débattre avec M-M ROBIN qui le plus souvent court les quatre coins du monde pour faire ses enquêtes. Tout le monde connaît cette reporter d’investigation depuis son film LE MONDE SELON MONSANTO où elle a démystifié le mythe lancé par la multinationale et ses acolytes, à savoir que les OGM allaient faire le bonheur de l’humanité, tout au moins régler la faim dans le monde. On sait aujourd’hui ce qui en est. Les suicides des paysans et les récentes émeutes de la faim en disent long.
Deux mots sur le parcours de M-M ROBIN, déjà notre invitée en 2008 pour LE MONDE SELON MONSANTO.
Elle est fille de paysans devenue journaliste d’investigation. Son père présidait la JAC (Jeunesse Catholique Agricole) et sa mère était aussi engagée que son père.
Dans l’introduction du livre « Notre Poison Quotidien » qui accompagne le film, M-M ROBIN rappelle que sa famille n’avait pas eu l’idée avant son enquête sur MONSANTO de faire le lien entre les pesticides et tous les morts et les malades dans son entourage proche, tous agriculteurs. Une motivation de plus pour enfoncer le clou avec le film que vous venez de voir.
 
Il faut aussi rappeler toutes ses autres enquêtes dans le monde et en particulier dans les pays d’Amérique latine – elle parle d’ailleurs couramment l’espagnol, l’anglais et l’allemand, et elle a eu le Prix ALBERT LONDRES qui est son grand modèle.  C’est lui qui a dit au siècle dernier : « Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort, il est de porter la plume dans la plaie. »  C’est aussi la devise de M-M ROBIN, pour preuve ses enquêtes en Amérique latine, sur le trafic d’organe en Colombie, sur les «Escadrons de la mort, l’école française» en Argentine. Aujourd’hui elle devient témoin à charge dans les procès contre les militaires argentins grâce à ses vidéos tournées caméra caché sur les responsables de la dictature argentine, dictature qui a décimé le pays entre 1976 et 1982 avec 30 000 disparus, torturés avec les méthodes de la guerre d’Algérie.
 
MM ROBIN dit d’elle-même qu’elle a eu beaucoup de chance si elle a pu travailler pour l’agence CAPA aussi bien que pour l’émission télévisée THALASSA, puis pour ARTE et ARTE-EDITION. Mais c’est aussi grâce à un travail acharné et beaucoup d’engagement qu’elle réussit ce qu’elle entreprend.
Son dernier projet en cours est de créer sa propre société de production pour être encore plus indépendante - et pour financer son prochain film : «Comment nourrir le monde ? », et ce financement se fait en partie par le préachat du DVD. Elle recherche donc 2500 fidèles. Si la question de la faim dans le monde vous intéresse, souscrivez au préachat du DVD ! »
 
Article d’Audrey Chauvet
Elle n’hésite pas à utiliser le mot «poison» pour désigner les multiples conservateurs, colorants, anti-oxydants, résidus de pesticides et autres produits chimiques qui traînent dans nos assiettes. Le nouveau reportage de Marie-Monique Robin, journaliste et réalisatrice en 2008 du documentaire Le monde selon Monsanto, sera diffusé sur Arte le 15 mars. Pour Notre poison quotidien  , elle a enquêté sur les substances chimiques présentes dans l’alimentation. Sont-elles responsables des maladies qui frappent les pays développés (cancers, diabète, obésité, maladies neuro-dégénératives,…)? La réglementation protège-t-elle efficacement les consommateurs?
Des effets collatéraux au nom du progrès
De la Marie-Monique Robin a recueilli les témoignages de tous les experts impliqués dans le système de règlementation, la recherche ou l’utilisation des produits chimiques. Et les a mis face à leurs contradictions: les décisions de l’OMS basées sur des études confidentielles fournies par les industriels qui emploie des experts également salariés dans des entreprises utilisant des produits chimiques,  les listes de produits cancérigènes du Circ  qui ne correspondent pas aux conclusions de certains de leurs rapports…

«La littérature scientifique est polluée par des études faites sur mesure pour l’industrie», dénonce Marie-Monique Robin. Et lorsque les autorités, Efsa ou OMS, tentent de fixer des limites de consommation des produits chimiques, « doses journalières admissibles » ou «limites maximales de résidus», la complexité de la tâche les transforme en «acrobates des limites»: «Nous sommes dans une société du risque où nous acceptons des effets collatéraux au nom du progrès», analyse Marie-Monique Robin.
Un effet cocktail encore mal connu
Si «la dose fait le poison», il semble qu’aujourd’hui nous ne sachions même plus quelle dose nous ingérons réellement. Les réglementateurs « font de leur mieux », comme l’avoue une experte de la  mais les controverses autour du Bisphénol A ou de l’aspartame prouvent que leurs effets sur la santé humaine sont encore mal connus ou minimisés.  L’«effet cocktail» des centaines de substances mélangées dans l’alimentation est encore plus flou.

Alors que l’OMS a qualifié d’«épidémie» l’augmentation du nombre de cancers dans les pays développés depuis une trentaine d’années, Marie-Monique Robin veut démontrer qu’il n’est plus possible aujourd’hui de dire que les produits chimiques présents dans l’alimentation n’y sont pas liés. En prenant notamment pour preuve les agriculteurs, victimes «à la source» des produits phytosanitaires, qui sont de plus en plus nombreux à affirmer que les cancers ou les maladies neuro-dégénératives dont ils sont victimes sont causées par les pesticides.
 

Coralie Schaub dans Libération
Surtout, ne mangez pas devant ce documentaire. Ou alors bio (sans pesticides). Ne buvez pas de Coca Light non plus (gare à l’aspartame). Et fuyez les contenants en plastique (à cause du vilain Bisphénol A). Il sera alors peut-être plus facile à digérer. Trois ans après le très remarqué Monde selon Monsanto, la nouvelle enquête de la journaliste Marie-Monique Robin frappe fort. On avait rarement vu de façon aussi détaillée comment l’industrie chimique nous fait avaler ses salades.
Pendant deux ans, Marie-Monique Robin a fouillé les études scientifiques, recueilli les témoignages de représentants des agences de réglementation en Amérique du Nord, en Asie et en Europe. Elle a remonté la chaîne alimentaire, depuis le champ du paysan inondé de pesticides (lire) jusqu’à notre assiette. Et découvert que le système d’évaluation et d’homologation des produits chimiques est « totalement inopérant et ne nous protège pas ». D’où des scènes croquignolettes, où l’on voit des membres de la Food and Drug Administration (FDA) américaine ou de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) bafouiller devant la caméra face à leurs contradictions.

La journaliste raconte aussi les pressions visant à maintenir sur le marché des produits hautement toxiques. Où l’on apprend que c’est grâce à — ou à cause de — Donald Rumsfeld que nous nous gavons d’aspartame, cette poudre miracle qui nous met à l’abri des capitons et édulcore les médicaments de nos enfants. Car l’ancien ministre de la Défense de George W. Bush a été le PDG de Searle, la firme qui a inventé la substance. En 1980, la FDA refuse de l’autoriser, la soupçonnant d’être cancérigène. En 1981, Rumsfeld participe à la nomination du nouveau président de la FDA. Laquelle, peu de temps après, déclare l’aspartame sans danger…

Or le film montre que la pollution chimique est la principale cause de l’épidémie de cancers, de maladies neurologiques (Parkinson et Alzheimer), de diabète et de dysfonctionnements de la reproduction qui frappe nos sociétés occidentales. Effarant. Surtout quand on voit les extraits d’un documentaire de 1964 exhumé par Marie-Monique Robin : toutes les questions étaient déjà posées. Cinquante ans et moult alertes plus tard, à quand les vraies réponses
 
SITE de M.M.ROBIN : http://robin.blog.arte.tv/category/notre-poison-quotidien/page/2
 
Article d’Audrey Chauvet