Pourquoi le travail rend fou ?

Samedi 14 mai 2016, 10H15
CAFÉ SOCIÉTÉ
Médiathèque Anne Fontaine, Antony

THÈME : Pourquoi le travail rend fou ?
INVITÉS : Vincent de GAULEJAC et Fabienne HANIQUE, coauteurs de
« Le capitalisme paradoxant; un système qui rend fou » (Seuil, 2015)

Bienvenu à ce dernier café société de la saison consacré au Travail avec   nos invités Vincent de Gaulejac et Fabienne Hanique, coauteurs de l’ouvrage « Le capitalisme paradoxant; un système qui rend fou » écrit dans un langage limpide qui nous plonge dans la réalité du travail dans l’entreprise. Voici une présentation succincte des deux sociologues cliniciens qui depuis longtemps travaillent ensemble.
Vincent de GAULEJAC a toujours eu le goût du terrain. Dans sa jeunesse il a été éducateur de rue, et c’est cela qui lui a donné l’envie de devenir sociologue. Sa Thèse de doctorat de sociologie portait d’ailleurs sur le sujet des jeunes de la rue. Sa seconde thèse en sciences humaines avait pour sujet La Névrose de classe. Il a toujours plaidé pour une interdisciplinarité ce qui n’était pas vraiment bien vu par les académiciens soucieux de leurs prés carrés. Néanmoins il a été professeur à Paris7-Diderot, et directeur du Laboratoire de Changement Social  (LSC) créé par Max Pages en 1990, où il a  animé une équipe de chercheurs en sociologie clinique jusqu’en 2013. Aujourd’hui il préside le RISC, le Réseau International de Sociologie Clinique, dont Fabienne HANIQUE, est vice-présidente.
Voici quelques–uns des titres de ses ouvrages qui me paraissent les plus emblématiques : "Le coût de l'excellence" "La lutte des places", "Qui est JE ?", « La société malade de la gestion », « Travail, les raisons de la colère », “Manifeste pour sortir du mal-être au travail” …..
Sa co-auteure, Fabienne HANIQUE, est également sociologue clinicienne, professeure à l'université Paris 7-Denis Diderot, chercheure au LCS (Laboratoire de changement social), et elle est auteure d’un ouvrage au beau titre « Le sens du travail »  qui est  le résultat d’une enquête sur les travailleurs de la poste qui ont également subi les nouvelles méthodes du management introduites dans le secteur public.


« Le capitalisme paradoxant; un système qui rend fou » (Seuil, 2015)
Voici quelques formules qui illustrent l’inflation du paradoxal dans le travail : « Je suis libre de travailler 24 heures sur 24 », « Ici, il n’y a pas de problèmes, il n’y a que des solutions »,  « Plus on gagne du temps, moins on en a »… L'injonction paradoxale plonge le travailleur dans un dilemme insoluble en lui imposant des objectifs incompatibles : Comment produire toujours plus avec moins de moyens ? Comment avoir l'esprit d'équipe quand on individualise l'évaluation du travail, etc. Les auteurs explorent les liens entre la financiarisation de l’économie, l’essor des nouvelles technologies et la domination d’une pensée positiviste et utilitariste. Ils montrent pourquoi les méthodes de management contemporain confrontent les travailleurs à un système qui les déboussolent, jusqu’à perdre le sens de ce qu’ils font. Pour certains, le paradoxe rend fou. Pour d’autres, il est un aiguillon, une invitation au dépassement, à l’invention de réponses nouvelles, individuelles et collectives.
Les auteurs proposent des pistes pour une résistance susceptible d'inspirer les managers soucieux de sortir d'un système qui se retourne contre les intérêts à long terme des entreprises.