Rien ne sert d'exister

6 et 20 MARS 2011 à l’Hélicon :

RIEN NE SERT D’EXISTER de et avec Yves CUSSET, suivi d’un débat avec l’auteur:
6 mars : Exister – Pour quoi faire ?
20 mars : Théâtre et philosophie

Nous sommes très heureux d’accueillir à nouveau le philosophe humoriste YVES CUSSET. Il est venu jouer son MANUEL D’ENGAGEMENT POLITIQUE aux R&DAutrement en avant-première en octobre 2009, avant qu’il ne le présente au théâtre Ménilmontant d’octobre à décembre 2010.
L’été dernier à Avignon il a joué son solo « Rien ne sert d’exister »  en alternance avec « PARDON PLATON » qui demande une mise en scène plus élaborée et trois acteurs, ce qui serait hélas impossible pour un café-théâtre.
Vous avez déjà vu un philosophe à faire le clown? Vous allez le voir dans un instant.
En fait, sous ses apparences clownesques, Y. CUSSET est un homme très sérieux et bardé de diplômes. Émule de l’Ecole Normale Supérieure, docteur et agrégé de philosophie, il pourrait mener une carrière académique à l’université ou au Collège de France, mais il a choisi de devenir saltimbanque du spectacle. Il va partout où l’on veut bien lui offrir une scène, la prochaine sera à la Royale Factory à Versailles les 1er et 2 avril à 20h30.
 
Tous ses solos philosophiques ont été publiés sous forme de petits livres avec de drôles de titres tel que « La philosophie racontée à ma chouette » - devenu récemment « Pardon, Platon » - « Le remplaçant », « Rien ne sert d’exister ». Le dernier en date, le « Manuel d’engagement politique » a paru sous le titre « Prendre sa part à la misère du monde » paru aux éditions de la Transparence en 2010.
Mais comme le spectacle et les livres seuls ne nourrissent pas un homme, Yves Cusset donne aussi des séminaires de philosophie aux enseignants à l’université Créteil-XII. Ses philosophes préférés sont les auteurs de l’Ecole de Francfort, Adorno et les autres. Il a aussi consacré un livre très savant à Michel Foucault et Jürgen Habermas : « Habermas et Foucault. Parcours croisés, confrontations critiques ».
 
 
INTRODUCTION au DEBAT du 6 mars
EXISTER – POUR QUOI FAIRE ?
 
En détournant le titre du spectacle d’Yves Cusset RIEN NE SERT D’EXISTER en EXISTER - POUR QUOI FAIRE ?
on pense évidemment à  et son existentialisme. Mais il s’agit aussi d’interroger le SENS de ce que nous faisons de notre vie et de notre société à une époque de crise et de grande désorientation. Prenons le TRAVAIL pour exemple. Si vous travaillez dans une société qui fabrique des pesticides il est légitime de vous demander si vous ne contribuez pas à la destruction de la biodiversité.
Ou si vous travaillez dans une agence de publicité vous pourriez vous demander si le gadget à vendre vaut le beau slogan publicitaire que vous êtes en train de créer.
 
La référence à SARTRE s’impose, quand il écrit: «L’existentialisme définit l’homme par son action. La seule chose qui permet à l’homme de vivre c’est l’acte»
(dans «L’EXISTENTIALISME EST UN HUMANISME»)
 
ou quand il écrit dans L’ÊTRE ET LE NÉANT:
«Je suis ce que j’ai fait, et rien d’autre, comme ce garçon de café qui, chaque matin reconduit le choix d’être ce qu’il fait».
 
Mais Sartre dit aussi - et c’est là qu’on dirait entendre Yves CUSSET :
« Nous sommes jetés dans la vie et condamnés à être libres ».  
Donc nous avons le CHOIX. Mais comment choisir quand on vit dans une société aux injonctions contradictoires? Lorsque les politiques n’ont que le mot CROISSANCE à la bouche, alors que nous savons par les écologistes et les scientifiques que trop de croissance peut détruire notre planète.
 

 
INTRODUCTION AU DÉBAT du 20 mars
THÉÂTRE ET PHILOSOPHIE
 
D’après le philosophe Bernard STIEGLER le théâtre comme la philosophie sont une façon de prendre soin de soi-même et des autres.
La philosophie et le théâtre devraient donc être au centre de la cité, si on suivait les penseurs de l’antiquité, berceau de la démocratie, qui eux avaient la chance de ne pas connaître le pouvoir anesthésiant de la télévision avec son prêt-à-penser médiatique.
 
Les philosophes qui ont écrit des pièces de théâtre ne sont pas nombreux. Il y a J-P SARTRE bien sûr avec:  « Le Diable et le bon Dieu », « Huis Clos », « Les Mouches », « Les mains sales » ou « Les séquestrés d’Altona » et il faut bien dire que ses pièces sont plus lisibles que sa bible de l’existentialisme, l’ÊTRE ET LE NÉANT, p.ex.
A l’opposé des pièces à succès de Sartre il y a celles de Michel ONFRAY qui restent comme désincarnées : « Le ventre des philosophes » ou « Le Songe d’Eichmann » sont restées inconnues par le grand public - malgré la notoriété de leur auteur. Il n’est guère facile de donner vie à des idées philosophiques.
Yves Cusset le fait de façon ludique et non didactique. Il réussit à nous ôter la peur de la philosophie avec ses questions « existentielles » qui nous concernent tous.
 
Questions à Yves Cusset :
- Pourquoi avoir choisi de faire le clown avec la philosophie après un cursus très académique ?
- Pourquoi avoir choisi d’incarner la pensée philosophique au théâtre?
- Est-ce que le théâtre et l’humour sont plus « efficaces » que l’enseignement de la philosophie ?