Anaïs NIN

ANAÎS NIN, LE DÉSIR AU FÉMININ

Vendredi 14 octobre à 19H15

Anaïs Nin, à fleur de mots de et par Hervine de Boodt

Ravie d’avoir comme invitées non seulement Hervine de BOODT l’auteure de la pièce et belle incarnation d’Anaïs Nin sur scène, mais aussi la traductrice des écrits d’Anaïs Nin, Béatrice COMMENGÉ, qui est aussi romancière et auteure d’un livre sur Henry Miller : «Henry Miller, ange, clown, voyou ». 

Béatrice Commengé a commencé à traduire Anaïs NIN en 1976, avec plaisir, dit-elle, un plaisir qui ne l’a pas quitté au fil des années de ce long travail : son journal comprend 1500 pages! Car Anaïs Nin préférait passer une journée à décrire 5 minutes plutôt que de passer 5 minutes à décrire une journée.

Hervine de BOODT est comédienne, et elle a réalisé cette adaptation à partir du JOURNAL d’Anaïs Nin et de deux interviews à France Culture et à Radio Canada en 1969 et 1970, donc à l’âge mûre de la soixantaine, quelques années avant sa mort en 1977.

Avant de passer aux questions deux ou trois choses sur la vie hors du commun et avantgardiste d’Anaïs Nin (1903 à 1977) :

On peut dire qu’Anais NIN a commencé à écrire son Journal pour fuir le manque du père. Elle avait une fascination amoureuse pour son père qui l’a abandonnée très tôt en quittant le foyer familial. Le thème de l'inceste entre le père et la fille est non seulement présent dans ses écrits mais conditionne aussi ses relations avec les psychanalystes, René ALLENDY et l’Autrichien Otto RANK. René Allendy est le fondateur - avec Marie Bonaparte – de la Société psychanalytique de Paris. AnaÏs Nin le séduit, puis le quitte, parce que son analyse ne lui convient pas. Puis elle entreprend une nouvelle analyse avec Otto RANK, le disciple favori de Freud devenu Jungien. Anaïs est dans la transgression des tabous. Après celui de l’inceste, elle viole l’interdit d’avoir des relations sexuelles avec son analyste.

Mais commençons par le commencement: Anaïs NIN est née en 1903 à Neuilly, alors qu’elle est d’origine cubaine et danoise, puisque son père est le compositeur cubain Joaquin NIN et sa mère est Danoise. Elle s’est mariée deux fois, son premier mari est banquier, Hugo Parker Guiler, son deuxième mari est Américain, Rupert Pole, et elle est d’ailleurs de nationalité américaine. Avec son premier mari Hugo, elle s'installe à Louveciennes en 1929. Leur maison devient un des salons littéraires les plus courus, où elle reçoit Henry Miller et sa belle femme June, Antonin Artaud, Otto Rank, Lawrence Durrel, Brassaï. Anaïs Nin entretient non seulement des correspondances littéraires avec ses visiteurs mais en fait aussi ses amants - à quelques exceptions près. Elle entretient également une correspondance avec D.H Lawrence, l’auteur de « L’Amant de Lady Chatterley », et lui consacre même un essai, sans l’avoir jamais rencontré.

C’est à Louveciennes qu’elle ecrit la plus grande partie des 15000 pages de son journal.

Un scène de la pièce « Anaïs Nin, à fleur de mots » parle de son avortement d’une petite fille de 6 mois. Anaïs considérait l’enfant comme un obstacle à sa création littéraire, son ambition de toujours. C’est en Amérique qu’on l’a finalement reconnue comme intellectuelle et écrivaine en la nommant docteur honoris causa au Philadelphia College of Art en 1973, elle qui a quitté l ‘école à 14 ans pour devenir mannequin. En 1974, trois ans avant sa mort, elle est élue au sein du prestigieux National Institute of Art and Letters. En 1977 le cancer l’emporte a 74 ans à Los Angeles.