Le bonheur par les sciences du vivant

MARDI 22 janvier 2013

3e rencontre-débat de l’UNIVERSITÉ POPULAIRE à la MAIRIE 2ème:
DEMAIN, QUELS HUMAINS ?
 
INVITÉ : HERVÉ CHNEIWEISS,  neurobiologiste
THÈME
: LE BONHEUR POUR TOUS PAR LES SCIENCES DU VIVANT ?

 
Bienvenus à cette nouvelle UP qui pose la question « DEMAIN, QUELS HUMAINS ? » – aujourd’hui avec notre invité, le neurobiologiste Hervé CHNEIWEISS ; directeur de recherches et clinicien.
Si vous êtes venus aussi nombreux c’est que peut-être l’avenir de l’homme vous tient à cœur et que vous aimeriez vous informer et avoir un mot à dire sur l’évolution des sciences et des techniques qui pose des questions de BIOÉTHIQUE. Nous avons la chance d’avoir avec nous ce soir Hervé CHNEIWEISS qui est justement un fervent défenseur de la BIOÉTHIQUE et du débat public avec les citoyens. J’en veux pour preuve ses livres dont deux déjà l’annonce dans leur titre: "Bioéthique – avis de tempêtes" écrit avec Jean-Yves Nau, docteur en médecine et journaliste au Monde pour les pages santé,
et "Neurosciences et neuroéthique : des cerveaux libres et heureux". Le dernier livre en date « L’Homme réparé » sur les ENJEUX de la MÉDECINE RÉGÉNÉRATRICE en parle tout autant.
Je pense que s’il s’intéresse aux questions philosophiques et éthiques – ses livres fourmillent de références à Kant, Foucauld ou Spinoza – c’est parce que Hervé CHNEIWEISS exerce toujours son métier de neurologue à l’hôpital de la Salpêtrière à Paris, ce qui le confronte quotidiennement à la souffrance humaine. Peut-être est-ce cette pratique qui lui inspire les bonnes questions pour ses recherches en neurobiologie. Car il est aussi directeur de recherches au CNRS et dirige le laboratoire de «Plasticité gliale», où avec ses équipes il mène des recherches sur les cellules gliales et les tumeurs au cerveau.
Il est également rédacteur en chef de la revue Médecine/Sciences, où il tient une chronique de bioéthique.
Et pour peser sur les choix de nos élus, il est aussi membre du conseil scientifique de l’Office parlementaire des choix scientifiques et technologiques. Tout en étant donc du côté des experts, il plaide pour la participation des citoyens aux débats publics.
Parmi les questions qui lui tiennent le plus à cœur c’est l’usage thérapeutique qu’on pourrait faire des cellules souches embryonnaires humaines et qui en France sont interdites pour la recherche et, après 5 ans de congélation, destinées à la destruction. Elles pourraient cependant servir à la recherche sur le cancer ou la PMA, la procréation médicalement assistée, dont elles sont d’ailleurs les produits surnuméraires à cause de ses nombreux échecs. Mais le mot « embryon humain » appliqué à un minuscule amas de cellules engendre la controverse sur la question: à partir de quel moment commence la vie humaine ? La même question se pose également dans le cas de l’IVG, pourtant le législateur a trouvé une réponse – probablement sous la pression des femmes et leurs défenseurs.
Si nous allons parler ce soir du bonheur pour tous par les sciences du vivant on ne peut ne pas parler des«TRANSHUMANISTES» ou des adeptes de « l’intelligence artificielle » qui rêvent d’un « homme amélioré » ou « augmenté» grâce aux progrès des technosciences et de la génétique. Leur rêve est même de fabriquer des « bébés à la carte » en sélectionnant les « bons gênes ». Est-ce que nous pourrons enfin réaliser le rêve de l’humanité depuis l’Antiquité et repris par FAUST ? Pouvons nous, grâce à la manipulation technoscientifique, devenir plus jeunes, plus forts, plus beaux, plus intelligents et vivre plus longtemps ?
Je laisse répondre Hervé CHNEIWEISS qui ne semble pas croire à cette vision eugéniste et mécaniste qui ne tient pas compte de l’énorme interconnectivité des cellules et de la plasticité des gènes comme des neurones. Pour lui l’homme n’est pas une machine composée de pièces détachées qu’il suffit de remplacer ou améliorer une à une. C’est un organisme vivant et complexe où tout élément a des interconnections avec des milliers d’autres éléments. Et nous sommes loin d’en connaître les mécanismes. Je renvoie ici à notre séance de lancement de cette UP avec le philosophe Miguel Benasayag et le biologiste Pierre Henri Gouyon, co-auteurs de «  Fabriquer le vivant ? ».
 
Extrait de la présentation du livre « LHOMME RÉPARÉ – Espoirs, enjeux et limites de la médecine réparatrice» de Hervé CHNEIWEISS (Plon, 2012)
Vivre plus longtemps, plus beau, plus fort et plus intelligent. Qui pourrait refuser cette proposition de science-fiction dans un monde où l’obligation de performance se fait pressante ? C’est l’ambition du puissant lobby « transhumaniste », défenseurs d’une nouvelle humanité génétiquement modifiée. Derrière le vernis philanthropique se tapissent cependant des considérations financières et eugénistes suspectes que démasque le neurobiologiste Hervé Chneiweiss, auteur de  « L’homme réparé » et de « Neurosciences et neuroéthique, des cerveaux libres et heureux ». Loin de refuser tout progrès du savoir, il cherche à nous donner les moyens de choisir le monde qui vient.