Miguel BENASAYAG

Miguel BENASAYAG, argentin, est philosophe, psychiatre et psychanalyste.

Ancien résistant guévariste, torturé et emprisonné quatre ans en Argentine, Miguel BENASAYAG, dans la mouvance alternative, est à l’origine du collectif « Malgré tout » et du Manifeste des Indiens sans terre du Brésil.

Psychiatre, mais dans la lignée de la contre psychiatrie, psychanalyste, Miguel BENASAYAG aime les liens, les liens avec les autres et soi... Chercheur de désir d’être et passeur de désirs et de vie, travaillant notamment dans le domaine de l’intelligence, de la vie artificielle et de la neurophysiologie, il aime avant toutes autres choses les subtiles perceptions oubliées, enfouies ou étouffées, les désirs et les singularités, trop souvent également écrasés.

Fabriquer le vivant ?
 

L'engagement


Organismes et artefacts

BIBLIOGRAPHIE SELECTIVE:

Fabriquer le vivant, co-écrit avec Pierre-Henri Gouyon, Editions la Découverte, 2012
De L' engagement dans une époque obscure, avec Angélique Del REY, le passager clandestin, 2011.
Organismes et artefacts - Vers la virtualisation du vivant ?
Ce livre est co-édité par les Editions La Découverte et les Editions Jean-Paul Bayol, février 2010.

Parcours entretiens avec Anne Dufourmantelle , Calman Levy 2001
Résister, c'est créer, en collaboration avec Florence Aubenas, 2002, La Découverte.
Che Guevara : Du mythe à l’homme - Aller-retour, 2003
Les Passions tristes. Souffrance psychique et crise sociale, en collaboration avec Gérard Schmit, 2003, La Découverte, nouvelle édition 2006.
Abécédaire de l'engagement, avec Béatrice Bouniol, 2004, Bayard
La Fragilité, 2004, édition La Découverte
Connaître est agir : Paysages et situations, en collaboration avec Angélique Del Rey, 2006, édition La Découverte,
Plus jamais seul, le phénomène du téléphone portable, 2006, édition Bayard.
, avec Angélique del Rey, 2007, La Découverte.
La chasse aux enfants. L'effet miroir de l'expulsion des sans-papiers, avec Angélique del Rey et des militants de RESF, 2008, La Découverte

A propos du nouveau livre de Miguel Benasayag: Organismes et artefacts - Vers la virtualisation du vivant ?
 
Synopsis :
L’utilitarisme et l’économisme sont en train de fabriquer un véritable « homme » nouveau, un « monde nouveau », avec des organismes nouveaux. Mais toutes ces nouveautés sont structurées par la dure loi de la flexibilité et du « tout est possible ». Comment récupérer la puissance d’agir, pour et par la vie ? Telle est la question posée par l’ auteur sur le terrain de la vie organique.
 
Miguel Benasayag, ancien guérillero guévariste devenu philosophe et psychanalyste, anime à Paris le collectif « Malgré tout » et dirige à Buenos Aires le laboratoire « Le champ biologique ».
  
CHRISTIAN GODIN à propos du dernier ouvrage de Miguel Benasayag : Organismes et artefacts - Vers la virtualisation du vivant ?:
Miguel Benasayag, n’est pas un ennemi des sciences, ni un adversaire des techniques (la caricature qui arrange les Frankenstein de tout poil). Seulement, il rappelle qu’utiliser un instrument aussi banal qu’un GPS signifie qu’une certaine fonction cérébrale (le repérage dans l’espace) sera probablement perdue. Il n’y a pas de gain sans perte. L’accumulation infinie est un fantasme.
L’homme sans culture, sans société, sans histoire, que Robert Musil appelait « l’homme sans qualités », est désormais celui dont rêvent et que nous préparent fébrilement les petits Prométhée de laboratoire.
Or, entre l’utilitarisme économique et la métaphysique, qui affuble les mots de majuscules (l’Homme, la Nature, etc.), il n’y a pas, comme on l’a cru un peu vite, incompatibilité mais, bien à l’inverse, connivence. L’auteur dénonce, avec la verve qu’on lui connaît, le spiritualisme caché des rêveries technoscientifiques d’aujourd’hui  : le corps comme prison d’où l’âme devrait s’échapper, cela remonte à Platon. Benasayag cite avec humour cette phrase d’un thésard sur les systèmes de régulation des organismes vivants qui sont « loin d’être des systèmes optimaux » mais qui néanmoins « remplissent assez bien leur fonction ». Cette position en surplomb, pour ridicule qu’elle soit, risque d’avoir des effets calamiteux. Que savons-nous de la vie, et spécialement de la vie humaine, pour la juger ainsi  ? L’homme ayant tué les dieux qu’il avait créés, il entreprend désormais de créer des hommes (avant de les tuer sans doute). Les nouveaux Frankenstein ne sont pas des songe-creux, ils ont tout pour réussir  : l’argent, le pouvoir, la connaissance et l’opinion.
De ce qu’un ordinateur calcule « comme » un cerveau, il ne s’ensuit pas que le cerveau soit un ordinateur.
La pensée et la vie ne sont plus comprises que comme des points d’appui. Mais si tout est possible, rien n’est réel, rappelle Miguel Benasayag, puisque le réel est justement ce qui limite les possibilités. Le grand marché, c’est-à-dire le grand bazar du vivant, s’imagine que le tri se fera au profit du meilleur, évidemment. Illusion funeste,qui nous implique tous.
Christian Godin
 
4ème de couverture :
 
Depuis les années 1980, la recherche sur la vie et l’intelligence artificielle a connu des progrès considérables, permettant des avancées spectaculaires dans la fabrication d’artefacts inspirés du vivant. Grâce au génie génétique et aux neurosciences, des chercheurs annoncent la possibilité d’« améliorer » la nature humaine et de concevoir des thérapies permettant de donner la vue aux aveugles, de faire entendre les sourds ou de faire marcher les paralytiques. Et la pensée elle-même est désormais le fruit de combinaisons entre processus neuronaux proprement humains et ceux produits par des artefacts. Ces techniques posent une question qui hante nos contemporains : si nous pouvons modifier la nature humaine, qu’en est-il alors de la condition humaine ? Jusqu’où l’homme « amélioré » reste-t-il un homme ?
Pour y répondre, Miguel Benasayag propose dans ce livre de rompre avec le vieil imaginaire opposant l’homme à la machine : la question n’est pas de savoir si les automates artificiels sont capables ou non d’imiter le fonctionnement de la conscience et de la vie, mais d’interroger - grâce aux ressources de la philosophie comme de la neurophysiologie - le sens même de ces deux notions. L’auteur montre qu’elles ne recouvrent pas des entités ontologiques qui existeraient « en soi », mais qu’elles sont des constructions de chaque époque et que celle qui a conçu leurs avatars modernes est elle-même en crise. Les conceptions de la conscience et de la vie que les savants cherchent à reproduire n’ont en réalité rien de comparable avec leur manifestation biologique. Mais si la possibilité de leur production à l’identique apparaît donc comme un faux débat, les effets de cette recherche dans le formatage de la vie et du monde sont, eux, d’ores et déjà bien réels : l’idéologie postmoderne du « tout est possible » en matière de création et de modification du vivant, loin d’être la réalisation d’un rêve, est bien plutôt l’avènement d’un cauchemar.