D'un retournement l'autre

Samedi10 décembre 2011

 LA ROTONDE Place de Stalingrad, 75019 Paris

LECTURE THÉÂTRALISÉE de la “COMÉDIE SÉRIEUSE” en ALEXANDRINS

D’un retournement l’autre de FRÉDÉRIC LORDON

 par les comédiens Isabelle MESTRE et Christophe MILESCHI  Lecture suivie d’un débat avec Frédéric LORDON
D'un retournement l'autre. Comédie sérieuse sur la crise financière. En quatre actes, et en alexandrins, Paris, Seuil, 2011
Frédéric LORDON, directeur de recherche au CNRS et chercheur au Centre de sociologie européenne (CSE). En tant qu’économiste il participe au Manifeste des économistes atterrés.
Son CV indique qu’il est diplômé de l'École Nationale des Ponts et Chaussées et de l'Institut supérieur des affaires, puis docteur en sciences économiques à l’EHESS. Mais il est aussi philosophe, tout au moins SPINOZISTE. Il réinterprète le conatus de SPINOZA, à savoir l’intérêt à soi et la puissance d’agir, pour le réintroduire dans les rapports sociaux. Autrement dit il voudrait faire réagir les citoyens et les pousser à l’action. C’est le sens de cette « comédie sérieuse» que vous venez de voir.
Spinoza est au coeur de deux autres livres: L'intérêt souverain, La Découverte, 2011 qui vient de paraître en livre de poche  et Capitalisme, désir et servitude, paru à La fabrique, 2010.
Mais on connaît F. LORDON surtout pour ses deux livres qui analysent la crise financière : Jusqu'à quand ? Pour en finir avec les crises financières, Raisons d’agir, 2008
Et : La crise de trop - Reconstruction d'un monde failli, Editions Fayard, 2009
Et ce titre « La crise de trop » signifie déjà le secret espoir de Frédéric Lordon en l’insurrection des citoyens qui sont le dindon de la farce de cette crise. Comme l’insurrection tarde à venir il renchérit avec sa pièce en alexandrins. A vous de dire si elle vous a affectés.
En sciences économiques il partage les thèses de l'école régulationniste. Pour lui, le monde change en 1986 avec la loi sur la déréglementation financière, passée d’ailleurs sous un gouvernement de gauche, loi qui abolit les restrictions à la liberté des mouvements de capitaux, car depuis cette loi la finance « actionnable » a pris le pouvoir.
- Quelles ont été les motivations pour vous, Frédéric Lordon, de vous transformer en poète et d’écrire une pièce en alexandrins sur la crise que vous appelez aussi une Sur réalisation de la crise ? Est-ce que les idées énoncées dans des livres savants ne changent rien dans la tête des gens ou plutôt dans leurs corps? Faut-il être affecté - pour parler avec SPINOZA - pour agir ?
- Que signifie pour vous un théâtre « matérialiste» ?