Bienvenu dans l'angle Alpha

Samedi 22 mars, 18H30
THÉÂTRE-DÉBAT
Centre d’animation de la Place des Fêtes, 2, rue des Lilas, Paris 19e

Spectacle: BIENVENUE DANS L'ANGLE ALPHA d’après Frédéric LORDON (1H15)
Suivi d’un Débat avec Judith BERNARD, metteure en scène, comédienne et auteure,
et 
Pierre-Michel MENGER,
chaire de sociologie du travail au Collège de France

Bienvenus à vous et à nos invités pour ce debat avec Judith BERNARD (et sa troupe ADA) et Pierre-Michel MENGER, spécialiste du travail créateur, auteur de livres sur le travail d’artiste et sur les intermittents, et qui occupe une chaire de sociologie du travail au Collège de France .
Judith BERNARD est comédienne et auteure de deux pièces de théâtre et d’un roman, ainsi que metteure en scène non seulement de la pièce que vous venez de voir, mais aussi d’une autre pièce de F. Lordon, « D’un retournement l’autre » écrite en alexandrins, que nous avions représentés à plusieurs reprises aux R&DA, en compagnie de Frédéric LORDON, mais aussi avec le couple CHARLOT-PINçON.
La pièce  de ce soir est une adaptation du livre hautement philosophique de F.Lordon «Capitalisme, désir et servitude, Marx et Spinoza» et c’est un travail difficile auquel s’est livré Judith Bernard. Bravo pour cet exploit réussi !  
Judith Bernard est connue du grand public d’abord comme journaliste sur France 5, puis depuis 2008 sur le site internet « Arrêt sur images » de Daniel Schneidermann. Elle y anime des plateaux-débats où elle a également reçu Frédéric LORDON.

QUESTIONS :
 
- Pierre-Michel Menger, qu’est-ce qui vous a intéressé dans cette pièce pour venir en débattre avec nous ?
 
- Quel désir vous a poussé, Judith Bernard, pour vous attaquer à un livre ardu destiné d’abord aux chercheurs, celui de l’économiste et philosophe, Frédéric Lordon, pour créer votre spectacle sur le TRAVAIL ?
 
-   Et vous, PM MENGER, quelle impression vous a fait cette pièce que vous voyez pour la 1ère fois ?
 
- Quelle est votre interprétation de l’angle ALPHA ?

- Cette pièce reflète-t-elle ce qui se passe aujourd’hui au travail ? Le management promet le BONHEUR,
et en réalité il y a du burnout et des suicides en séries jusque dans les rangs des cadres…

-    Quel impact espérez-vous avoir avec votre pièce, Judith Bernard, au bout de 2 mois de représentation à Ménilmontant et aujourd’hui aux R&DA ?
 
Voir vidéo –bande annonce:http://youtu.be/sIBckv9x_I8
Présentation de la pièce:
Un spectacle ludique et critique sur les passions qui nous jettent au travail (avant qu'il nous jette).
A quoi carbure le monde du travail ? A la crainte (de manquer), au désir (de consommer), et à ces nouvelles passions : " se réaliser ", " s'investir ", et finalement épouser le désir maître - celui du patronat.
Ainsi le capitalisme a colonisé nos âmes, capturant la quasi-totalité de nos désirs. Mais il reste encore, en chacun, un désir propre, faisant écart aux commandements du désir maître; cet écart, cette résistance possible, nous l'appellerons : l'angle Alpha.

Extrait d’un commentaire de presse :
« Comment se porte votre conatus ? Et l’angle alpha qui en découle ? ……..
 Pari osé de proposer ce texte (Capitalisme, désir et servitude – Marx et Spinoza de Frédéric Lordon ), compliqué, sur une scène de théâtre, pari réussi !…
Sur la scène, l’échelle, par son caractère modulable, permet de se représenter la tension qui s’exerce entre tous ces désirs…
 Le spectateur comprend ainsi aisément ce que Lordon appelle « l’angle alpha », c’est-à-dire la représentation trigonométrique de nos désirs, cet angle correspondant à l’écart entre le désir-maître du patron et le désir de ceux qu’il cherche à enrôler dans son entreprise. Les tenants du néolibéralisme veulent réduire cet angle à zéro degré, incitant les salariés à épouser le désir-maître par tous les moyens, y compris en cherchant à remodeler de l’intérieur leurs propres affects – c’est donc ici que l’économiste fait intervenir Spinoza et son conatus, cet élan de faire, cette puissance d’agir propre à chacun car, selon lui, cette anthropologie des passions fait défaut à la pensée de Marx. C’est cette volonté du capitalisme de s’approprier totalement le conatus de chacun qui amène Lordon à affirmer que le néolibéralisme est un totalitarisme… ».