L'argent sans foi ni loi

Dimanche 13 janvier 2013

Théâtre-débat : Chez Elsa 99, rue de Charenton, Paris 12e
D’UN RETOURNEMENT L’AUTRE** de Frédéric LORDON par les comédiens Isabelle MESTRE et Christophe MILESCHI
Débat avec Monique PINçON-CHARLOT et Michel PINçON : L’ARGENT SANS FOI NI LOI

Bienvenus à ce Théâtre-débat !
Vous avez déjà vu un économiste qui compose des alexandrins ?
Frédéric LORDON a écrit « D’un retournement l’autre »**, une comédie en quatre actes et en alexandrins, en 2011. Il a eu recours à ce moyen devant l’impossibilité de faire entendre un autre discours sur la crise que le discours dominant. Cet été sa pièce a été jouée en comédie musicale à Avignon et à Paris, et le 23 janvier un film du réalisateur Gérard Mordillat sortira sur les écrans.
Aux RDA vous allez voir le texte d’origine de Frédéric Lordon paru aux éditions du Seuil. Deux excellents comédiens, Isabelle MESTRE et Christophe MILESCHI, ont choisi les scènes les plus percutantes pour en présenter une lecture théâtralisée. Nous présentons cette « comédie sérieuse » pour la 3e fois, à chaque fois avec des invités différents, la 1ère fois à la Rotonde à Paris avec Frédéric Lordon lui-même, la 2e fois ici même avec un économiste et une philosophe. Et aujourd’hui nous avons la chance d’avoir comme invités les sociologues Monique PINçON-CHARLOT et Michel PINçON qui sont chercheurs en sociologie urbaine, spécialisés dans le « Bottin mondain » et le mode de vie des « riches », ceux de Neuilly et ceux qui font partie des cercles d’élite économique et médiatique comme les habitués du« « Siècle », du groupe « Bilderberg », de la Commission TRILATÉRALE, ou du forum économique mondial de DAVOS. Après la représentation nous allons débattre avec eux sur le thème « L’argent sans foi ni loi »* qui est aussi le titre de leur dernier livre.
Un mot sur l’auteur de cette farce. Frédéric LORDON est un économiste pas comme les autres, chercheur au CNRS et philosophiquement parlant il est spinoziste qui a écrit un excellent livre sur le désir et le conatus chez SPINOZA : « Capitalisme, désir et servitude. Marx et Spinoza ». Il y interprète le conatus de Spinoza par la « puissance d’agir ».  Sa « comédie sérieuse » est précisément conçue pour donner la puissance d’agir au peuple, pour l’émouvoir et inspirer la révolte devant tant de désinvolture de la part de nos politiques soumis au diktat de ceux qui jouent avec l’argent des autres. Nous sommes en 2013, et la crise est toujours là. Les politiques ont promis de réguler les marchés, mais les lobbysmes économiques font régner la loi de la dérégulation. La dette publique augmente et ce sont les contribuables qui paient la note. Car lorsque l’État doit sauver les banques c’est le contribuable qui paie …
….
Question aux « sociologues des riches » :
Que vous inspire cette comédie de F.Lordon que vous venez de voir pour la première fois ?
Pouvez-vous nous expliquer pourquoi rien ne change, pourquoi il n’y a toujours pas de régulation des marchés, pourquoi les riches deviennent toujours plus riches et les pauvres s’appauvrissent ? ……
 
Synopsis de L’ARGENT SANS FOI NI LOI 
l'argent est-il devenu la valeur ultime, voire la seule finalité existentielle ? Sociologues, Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot analysent l'avènement de l'argent virtuel, dérégulé, coupé du corps social, et la mise en scène de la richesse.
Les grandes banques françaises consacrent aujourd’hui 80% de leur potentiel à la spéculation et seulement 20% à la gestion des dépôts, salaires et pensions de leurs clients ordinaires. Les « riches » prennent bien soin, cela dit, d’investir aussi dans l’économie réelle. C’est pourquoi, par exemple, ils n’ont pas souffert de la crise des subprimes qui a ruiné les classes moyennes étatsuniennes.
Les agences de notation (comme Fitch, la française, qui appartient à Marc Ladreit de Lacharrière) sont utilisées aujourd’hui comme une arme au service de la puissance des marchés financiers, c’est-à-dire de spéculateurs, pour soumettre les politiques et les peuples à leur cupidité.
La « guerre » des classes est à ce point gagnée par les « riches » que la banque Goldman Sachs peut, sans la moindre vergogne, placer ses hommes à la tête des gouvernements (Mario Monti, Lucas Papademos) et, mieux encore, de la BCE (Mario Draghi). Le triomphe des « riches » est tel qu’un groupe comme LVMH peut posséder 140 filiales dans les paradis fiscaux tandis que les avoirs des familles françaises en Suisse sont actuellement de 80 milliards d’euros. On mettra ce chiffre en regard avec le déficit public de la France en 2011 (91 milliards) ou avec le « trou » de la Sécu (17 milliards).
Un vrai changement présuppose un éveil des consciences et une acceptation de valeurs contraires à celles de l’hyperbourgeoisie au pouvoir. Les choses peuvent rester en l’état pendant encore très longtemps. La classe politique est intimement liée au monde des affaires.
 
**D’UN RETOURNEMENT L’AUTRE de Frédéric LORDON Une Comédie sérieuse sur la crise financière. En quatre actes, et en alexandrins, Seuil 17/01/2013
Le rideau s’ouvre : Messieurs les Banquiers, son Altesse le président de la République française, Monsieur le Premier ministre, Monsieur le Gouverneur de la Banque centrale et le petit peuple des conseillers de la Cour. La pièce peut commencer : lessivés par la crise des désormais célèbres « subprimes » (sic), les Banquiers s’apprêtent à sonner à la porte de l’État pour lui demander de mettre la main au porte-monnaie… avant que le résultat de leurs acrobaties ne fasse exploser les dettes publiques et conduise à la rigueur pour tous ? pour tous les autres qu’eux.
Économiste, Frédéric Lordon est notamment l’auteur de Jusqu’à quand ? Pour en finir avec les crises financières (Raison d’agir, 2008), La Crise de trop (Fayard, 2009), Capitalisme, désir et servitude (La Fabrique, 2010).